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Le Blog de Marcus Da Writer

LE RÊVE AMERICAIN, OUI, MAIS AUSSI LE RÊVE AFRICAIN

9 Janvier 2014 , Rédigé par Da Writer Publié dans #Le mot de l'Observateur

LE RÊVE AMERICAIN, OUI, MAIS AUSSI LE RÊVE AFRICAIN

Ce qui fait des Etats-Unis une grande puissance, ce n’est ni sa forte économie, ni ses illustres infrastructures. Ce qui fait des Etats-Unis une grande puissance, c’est le Rêve Américain. Les américains sont parvenus à inculquer dans l’esprit des gens du monde entier, qu’en Amérique, même une personne modeste, pour peu qu’elle ait de la volonté et de l’endurance, peut s’en sortir et changer le cours de sa vie, ce, grâce à une seule idée de génie. Le simple fait de se dire que l’Amérique est la terre de tous les possibles suffit à en faire une grande puissance. Peu importe qu’elle ait des problèmes internes, ou que l’image qu’elle renvoie soit à l’inverse de la réalité ; peu importe que le racisme y sévisse, ou que ce soit l’un des pays les plus dangereux au monde. Ce qui importe aux yeux des gens, c’est ce qu’ils peuvent devenir et ce qu’ils peuvent faire dans ce pays de tous les possibles. Ce que la plupart de ces gens se disent est ceci : « En Amérique, je peux réaliser tous mes rêves. »

Les exemples qui corroborent cette croyance sont légions. Le plus grand d’entre eux est sans aucun doute le fait qu’un homme noir fût élu Président de cette grande puissance qui, jadis, traitait les noirs en esclaves et comme des moins que rien. C’est le rêve du Révérend Martin Luther King Jr qui s’est ainsi réalisé. Mais c’est aussi le rêve de Barack Obama, le fils d’un kényan noir et d’une américaine blanche, qui s’est ainsi réalisé. Cette élection inédite a poussé tout le peuple américain à croire qu’en effet, en Amérique, tout, absolument tout, est possible. Barack Obama n’aurait pu trouver meilleur slogan que le célèbre : « YES WE CAN ». Il a inspiré tout un peuple, et lui a montré qu’en croyant en soi, et en donnant le meilleur de soi-même, on peut réaliser n’importe lequel de ses rêves, même celui de devenir Président des Etats-Unis d’Amérique, tout en étant de peau noire. Il faut avoir suivi le film Le Majordome pour comprendre l’importance de cette dernière précision.

Les histoires de grands succès que comptent les Etats-Unis ne font que grandir l’amour des gens du reste du monde pour ce pays. Certes, ces gens peuvent ne pas aimer les américains pour une raison ou pour une autre, mais tous – ou devrais-je dire, la majorité des gens – aiment le pays, la terre des Etats-Unis. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle n’importe qui dans ce monde serait heureux de se voir offrir un billet pour les Etats-Unis, ne fut-ce que pour y séjourner une seule nuit. Et c’est aussi la raison pour laquelle même le plus pauvre des américains est fier de son pays, et fier d’être américain.

Tous autant que nous sommes avons des rêves. Que nous soyons blancs ou noirs, riches ou pauvres, homme ou femmes, nous avons tous des rêves. Et parmi cette peuplade de rêves, il y a un rêve qui nous tient particulièrement à cœur ; celui-là qui nous garde éveillé, et qui nous pousse à donner, jour après jour, le meilleur de notre personne. C’est le rêve de notre vie ; celui que nous voulons absolument voir se réaliser avant que la vie nous quitte. En Amérique, réaliser ce rêve-là, c’est cela l’American Dream : le Rêve Américain. Cela montre que les américains ne sont pas différents des gens du reste du monde. Il ne s’agit pas d’une race supérieure, comme nous le montre Hollywood, mais plutôt d’êtres humains comme vous et moi, à la seule différence que, contrairement à beaucoup de gens de ce monde, eux sont convaincus que leur grand rêve deviendra une réalité s’ils y travaillent ardemment.

Aux Etats-Unis, comme partout ailleurs, on ne donne pas de l’argent à toute personne qui a une idée de génie, ou un grand rêve qu’elle veut voir se réaliser. Il faut se battre pour que cette idée soit reconnue, et que ce rêve devienne réel. Tout ce que le pays offre, c’est la terre que foulent vos pieds. Et cette terre est considérée comme une bénédiction par les américains – et pour bien d’autres personnes du reste du monde. C’est pourquoi, les américains ne voient pas la nécessité d’aller ailleurs pour réaliser leur rêve, car ils savent qu’ils ont tout ce qu’il leur faut chez eux. Une amie américaine m’a dit un jour cette phrase qui, je pense, résume toute la pensée des américains. Elle m’a dit : « If I can make it here, I can make it everywhere ». Je me suis dit que c’est extraordinaire de penser ainsi. Et ils y croient réellement. Puisque croire est l’un des plus grands pouvoirs de l’homme, mais aussi l’un des plus grands mystères de la réussite, leur croyance finit par devenir une réalité. C’est la croyance de tout ce peuple qui fait des Etats-Unis la terre de tous les possibles. C’est parce qu’ils ne cessent de le répéter, aussi bien à leurs enfants qu’aux étrangers, que les Etats-Unis deviennent la terre où tous les rêves peuvent devenir une réalité.

Or, il n’y a nulle part au monde des gens plus stressés que les américains. Dès que vous êtes à l’Université, vous êtes débiteur. Tout le monde emprunte car, sans emprunt, il est impossible de vivre. Et c’est pour cette raison que les banques ne cessent de fleurir dans ce pays, car les gens ont besoin d’elles. L’américain n’hésite pas à s’endetter, parce qu’il croit qu’il trouvera à coup sûr le moyen de rembourser toutes ses dettes. A dire vrai, il ne vit que pour cela. Vous le trouverez avec une superbe voiture, un excellent boulot, et une maison de rêve, mais aussi avec des dettes qu’il doit payer toute sa vie durant. Et pourtant, il a toujours le sourire. Il a la foi.

Dans la plupart des pays du reste du monde, particulièrement dans ceux d’Afrique, la réalité est toute autre. C’est le message inverse qui est répandu. Ce sont des gens qui n’ont aucune dette, aucune maladie, et aucun handicap, qui vous disent que leur vie est un échec, qu’ils n’arriveront à rien, et qu’ils ne voient pas le bout du tunnel. Dans ces pays, la réussite est réservée à une élite composée de gens qui ont, soit eu la chance de faire de longues études, soit été à l’étranger, c’est-à-dire en Occident. Les autres, ceux qui n’ont jamais pu sortir de leurs pays, se disent condamnés à se complaire dans leurs vies misérables. Ils ne font aucun effort pour en sortir, car on leur a inculqué la pensée selon laquelle cela ne servira à rien, personne ne leur viendra en aide, et ils ne pourront jamais trouver l’idée de génie qui transformera leur vie. Le pire, c’est que les gens autour d’eux, au lieu de les pousser à croire en eux, au lieu d’inculquer dans leur mentalité cet esprit du « tout est possible », les confortent dans leur croyance, en leur répétant qu’ils doivent se contenter de ce qu’ils ont, à défaut d’avoir la chance d’aller trouver mieux ailleurs.

Dans ces pays, les gens issus de familles pauvres se disent condamnés à l’échec. Si votre grand-père et votre père avant vous n’étaient pas des gens importants, vous n’avez aucune chance de l’être à votre tour. C’est ce message que les gens entendent au quotidien, à telle enseigne qu’ils l’ont intériorisé, et en ont fait une vérité. Ils se contentent donc, si leurs parents étaient des fermiers, et qu’ils n’arrivaient pas à boucler les fins du mois, à perpétuer cette même tradition, sans se dire qu’ils devraient, bien que leurs parents n’en eussent pas les moyens, changer la donne. Toute personne doit être ambitieuse pour ses enfants et la génération future. Et lorsqu’on est issu d’une famille pauvre, où il était difficile de se nourrir, difficile d’avoir ne serait-ce qu’une pièce pour le transport, difficile d’étudier convenablement, et difficile de vivre comme il le fallait ; lorsqu’on est issu d’une telle famille, l’on se doit d’être encore plus ambitieux que les autres.

Bill Gates, l’un des hommes les plus riches de la planète, a dit : « Si vous êtes né pauvre, ce n’est pas votre faute. Mais si vous mourrez pauvre, c’est votre faute.» C’est en me basant sur cette pensée, à laquelle j’adhère totalement, que je me permets de dire que toutes ces personnes qui sont mortes sans avoir fait quelque chose de leur vie, sans avoir essayé, je me rectifie, de faire quelque chose de leur vie, tout simplement parce qu’elles étaient issues de familles pauvres, ou parce qu’elles s’étaient vu privées de quelque avantage ; toutes ces personnes sont fautives, et ne peuvent que s’en prendre qu’à elles-mêmes. Et si leurs descendants suivent leur exemple, en choisissant de se complaire dans leur pauvreté, et en se disant que c’est une fatalité, eh bien, ils n’auront aussi qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Victor Hugo disait, dans son discours sur la misère, que : « La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaitre comme la lèpre a disparu. » En effet, elle peut disparaitre, mais ne disparaitra pas sans le concours de ceux qui sont les premiers concernés. Il faut que ces gens-là refusent cette misère car, si la souffrance est une loi divine, comme Hugo l’explique au début de son discours, la misère, elle, n’en est pas une. Par conséquent, il est possible de la combattre et de l’éradiquer. Mais cela commence par l’indignation, le refus de cette misère, et la volonté d’atteindre un état meilleur. Trop de gens se complaisent dans leur misère, sous le faux prétexte que Dieu l’a voulu ainsi. Dieu ne viendra jamais vous dire de vous lever pour réaliser vos rêves. Il vous donne l’intelligence, la santé, la capacité physique de le faire, c’est suffisant. A vous d’y ajouter la volonté d’action, sans quoi, vous resterez et mourrez pauvre.

Ce que je crois, c’est que tout est possible, et cela n’est pas valable qu’en Amérique. Tout est possible, car l’homme peut faire tout ce qu’il veut, s’il en a vraiment la volonté. Ceux qui ont réalisé leurs rêves n’ont rien de plus que les autres êtres humains. Ils n’avaient qu’un rêve, et se sont battus pour que celui-ci deviennent une réalité. Ils ne se sont pas arrêtés aux différents échecs qu’ils ont connus, mais ont continué malgré eux. C’est pour cette raison qu’ils ont vu le bout du tunnel.

Il faudrait que les gens issus de ces autres pays, particulièrement de ceux d’Afrique, arrêtent de se dire qu’il n’y a qu’en Amérique que tout est possible. Cette pensée leur fait croire que le fait d’être né dans leur pays est une malédiction. Ainsi, ils passent leur vie à chercher le moyen de se rendre dans les pays de l’Occident ; ils dépensent le peu d’argent qu’ils disposent afin de réaliser ce rêve, car, se disent-ils, une fois sur place, la chance leur sourira pour sûr. Le pire c’est que lorsqu’ils arrivent dans ces pays de l’Occident, ils réussissent, en croyant que c’est à cause de la décision qu’ils avaient prise de partir, alors qu’en vérité, ce n’est qu’à cause de leur croyance. Ils réussissent parce que, dès le départ, ils ont cru qu’il était impossible de réussir chez eux, et que leur seule chance se trouvait hors de leurs frontières. C’est cette croyance qu’ils ont nourri qui a donné ses fruits. Je vous l’ai dit, c’est un grand mystère que la croyance en une chose. Ils auraient pu réussir pareillement chez eux s’ils avaient d’emblée cru qu’il était bien possible de réussir sur leurs propres terres. Ce que tu crois pouvoir faire, tu peux le faire. Crois seulement.

Hélas ! Le message que ces gens renvoient à ceux qui sont restés, ceux qui n’ont pu s’en aller, parce qu’ils n’en ont pas eu les moyens ; le message que ces gens renvoient à ceux-ci est le suivant : « Vous êtes en enfer. Si vous n’en sortez pas, vous ne réussirez jamais rien. » Et c’est ce qui poussent les gens, les jeunes en particulier, à fuir l’enfer pour le paradis occidental, quitte à mourir en mer, et à être traités comme des moins que rien par les occidentaux. J’ai l’ambition de prouver qu’il est bien possible de réaliser son rêve sur ses propres terres. Il n’y a aucune raison pour que cela ne soit pas le cas. Si tout le monde se met à croire que le paradis se trouve ailleurs, qu’adviendra de nos terres, qu’adviendra de l’Afrique ? Le Rêve Américain, oui, mais aussi le Rêve Africain.

Da Writer.

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lordlexus 09/01/2014 06:21

je crois en moi, je crois à mon paradis africain.