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Le Blog de Marcus Da Writer

CONVERSATION AVEC MOI-MÊME : L'ECRITURE ET MOI

27 Février 2014 , Rédigé par Da Writer Publié dans #Conversation avec moi-même, #De moi à vous

J'ai toujours soutenu, et cela depuis ma plus tendre jeunesse, que nous avons tous quelque chose à donner aux autres. Seulement, la plupart du temps, les gens minimise et sous-estime ce qu'ils possèdent, pensant qu'ils ne peuvent être de quelque utilité que ce soit pour cet autre qui, parfois, est plus âgé, plus expérimenté, plus instruit, et paraît souvent plus intelligent. Il est ici important de dire « paraît » car, bien souvent, ceux que l'on croit intelligents ne le sont que d'apparence. L'intelligence, je l'ai toujours pensé, n'est pas une chose que l'on acquiert grâce à nos études ou aux enseignements que nous prodiguent nos parents. L'intelligence, à mon sens, doit être en mouvement. C'est face à la pluralité des situations, face aux vicissitudes de la vie, que l'on fait ou pas preuve d'intelligence. L'intelligence n'est donc intelligence qu'en action. C'est du moins ce que j'ai toujours pensé, et que je continue de penser aujourd'hui encore.

Fort de cette croyance que nous pouvons tous être utiles si nous le voulons bien, je me suis toujours attelé à donner aux autres ce que je pouvais donner. Ce n'était pas toujours suffisant, et parfois pas du tout utile, mais j'aimais cela : donner. Dans ma courte vie, j'ai donné pas mal de choses, quand bien même je ne recevais rien en retour. Cela, je l'ai appris de ma mère qui, dès mon plus bas-âge, m'a appris à partager avec les autres, surtout les plus démunis. J'ai commencé par donner mes jouets, puis mes vêtements, et ensuite ma personne. Donner pour le seul plaisir de donner : voilà ce que je faisais et que j'aimais. Ces dons n'étaient toutefois pas sans intention. Je me disais qu'en donnant aux autres, même si ce n'était pas grand chose, je faisais là preuve de grandeur. Lorsqu'on donne un verre d'eau à quelqu'un qui a soif, même s'il ne nous le dit pas, d'une certaine manière, on lui sauve la vie. Peut-être bien qu'il eût survécu sans ce verre d'eau, mais le contraire eut tout aussi bien pu être possible. Prêter son oreille à une personne dans la peine peut l'empêcher de commettre une bêtise qu'elle aurait regrettée, ou qu'elle n'aurait pu regretter, c'est selon. Cela aussi aurait été lui sauver la vie. Or, d'apparence, ça ne coûte rien, une oreille prêtée. D'ailleurs, elle ne ferait pas le poids sur la balance si on la mettait face à une grosse somme d'argent. Et pourtant, cette simple écoute peut sauver une vie, lorsque l'argent ne fait qu'apporter un palliatif. Voici donc ce qu'était ma logique : en donnant, je sauvais de petites portions de vie. J'étais une sorte de super-héros en miniature.

C'est pour cette raison que je ne cesse d'écrire autant, et pour cette même raison que je suis présentement en train d'écrire ce texte, sachant qu'il pourra être lu par des gens que je ne connais peut-être pas, et que je ne connaîtrai peut-être jamais. Mon seul souhait est que mes écrits soient utiles. Peu me chaut comment, tant qu'ils le sont. Parfois, lorsqu'on écrit une chose, pensant qu'elle fera un certain effet en particulier, c'est un tout autre effet qu'elle fait finalement aux gens. Pour l'exemple, je me souviens d'une phrase que j'ai lue dans le roman de Gabriel Garcia Marquez intitulé Vivre pour la raconter. Cette seule phrase, qui aurait pu être banale pour un autre, a retenu mon attention, et ne m'a plus jamais quitté. La phrase était la suivante : « La vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on ce souvient et comment on s'en souvient. »

Je me sens toujours honoré lorsque je reçois des messages me disant que mes écrits ont apporté un plus dans la vie de certaines gens, ou une solution à un problème que j'ignorais totalement en écrivant. Chaque fois que cela m'arrive, je souris benoîtement avant de répondre au message reçu. Ce sont ces messages qui font que je ne me vois pas arrêter d'écrire, même si mes écrits ne sauraient être comparables à ceux de gens bien plus habiles et bien plus expérimentés que moi. Il fut un temps où cela m’effrayait d'oser montrer mes écrits. Je craignais qu'ils fussent jugés puérils en comparaison de ceux des autres. Et plus je lisais ces autres, plus je perdais confiance en moi. Leurs écrits étaient si extraordinaires à mes yeux, que je me demandais s'il m'arriverait un jour d'atteindre leur niveau. Je regardais alors mes propres écrits comme de vils assemblages de mots sans utilités, et je finissais par les garder pour moi, les jugeant trop maladroits pour sortir de mes cahiers d'écolier. Aujourd'hui, si je puis donner un conseil à ceux qui écrivent et aiment cela, ce serait celui-ci : ne comparez pas ce que vous faites à ce que les autres font, même si vous êtes dans le même domaine. L'on me dira que la concurrence existe, et je répondrai que oui, elle existe. Seulement, dans l'écriture, je doute fort que la concurrence ait sa place. Le livre de Milan Kundera intitulé L'art du Roman m'a conforté dans cette pensée. Il y a une place pour tout le monde, et même pour vous. Tout ce que vous avez à faire est de venir la prendre. Oubliez les autres, mais inspirez-vous tout de même d'eux. Et quand je dis de s'inspirer d'eux, cela ne veut pas dire plagier ce qu'ils font, mais plutôt apprendre leur manière de faire, en vue de trouver votre propre méthode.

En réalité, j'écris depuis l'âge de dix ans. J'écrivais du tout, sans songer aux règles ou autres. Je ne faisais qu'écrire, ce qui me passait par la tête, ce que je vivais, ce que je voyais et cetera. Tout ce qui passait sous mes yeux, passait inéluctablement sous ma plume. Et c'est ainsi que cette passion pour l'écriture s'est mise à grandir. L'écriture était devenue pour moi une panacée, un exutoire. Cependant, je n'osais pas montrer mes écrits, ni aux membres de ma famille, ni à mes plus proches amis. C'était mon petit secret. Le premier livre que j'ai publié a d'ailleurs été une surprise pour mes parents qui ne s'étaient jamais douté que j'avais une quelconque passion pour l'écriture. Ils avaient tous deux été surpris. Eh oui ! Les parents ne savent pas toujours tout de leurs enfants. Mais comment en suis-je arrivé à oser montrer mes écrits ? Par une amie, une fieffée fureteuse, qui se nommait Sabine.

C'était en classe de troisième. Sabine adorait lire, des poèmes en particulier. Seulement, elle n'osait pas l'écriture, parce qu'elle estimait que cela était réservé à des gens qui en avaient le don. Lorsque je l'entendais parler de l'art d'écrire, je m'étonnais car je me disais : « On n'a pas besoin d'en avoir le don pour écrire ! » Mais je n'osais pas le lui dire, encore moins lui révéler que, bien que n'en ayant pas le don, moi aussi, comme les grands auteurs qu'elle connaissait, j'écrivais. Un jour, cependant, curieuse invétérée qu'elle était, elle m'a surpris en train de griffonner dans un cahier, celui dans lequel j'écrivais mes textes en vers. Elle a aussitôt tiré le cahier, et s'est enfuie avant que je n'aie eu le temps de dire le moindre mot. J'avais terriblement honte, car je me disais qu'elle verrait que je n'étais pas doué. Mais à son retour, à mon grand étonnement, elle m'a semblé totalement subjuguée. Elle n'a pas cessé, depuis lors, à m'inciter à écrire. Et d'ailleurs, aujourd'hui encore, c'est elle qui a mon tout premier cahier rempli de poèmes que j'avais écrits entre onze et quinze ans - si tu lis ceci Sabine, ou que tu sois, je te saurai gré de me rendre ce cahier, s'il existe toujours, bien entendu. Grâce à Sabine, j'ai osé montrer mes textes. Grâce à elle, j'ai osé participer à un concours de poésie. Et grâce à elle... ah non ! Cela par contre c'était grâce à moi-même, j'ai remporté le premier prix du concours en question. Depuis lors, je ne cesse d'écrire, car j'y ai véritablement pris goût. Et depuis lors, je ne crains pas l'avis des autres, qu'il soit positif ou négatif.

J'aimerais bien que ce témoignage pousse ceux qui ont un talent quelconque à le montrer, mais je sais que ce n'est pas facile d'oser se livrer ainsi à la critique. Eh oui, c'est un risque, mais un risque à prendre. A mes débuts, je n'étais pas aussi pointu que je le suis aujourd'hui. Mes écrits étaient ceux d'un enfant, avec des fautes, des maladresses et d'autres écailles que je m’efforce de ne pas répéter aujourd'hui. Mais si j'en suis arrivé à cela, c'est grâce à la critique. Il m'a fallu montrer certains de mes écrits, afin de voir ce qui me manquait, et m'améliorer. Ma rupture avec le langage SMS a été une conséquence de cela. Je me suis dit que pour améliorer mon écriture, il me fallait toujours écrire correctement. Et même dans mes SMS, je n'abrège pas. Aujourd'hui cela est devenu comme une seconde nature. Même si je le voulais, je ne saurais écrire en langage SMS, ou du moins, je le ferais avec beaucoup de peine.

Grâce à Sabine, j'avais donc osé franchir le pas. Cependant, montrer mes textes aux gens qui me connaissaient n'avait à mes yeux rien d'extraordinaire. Il me fallait faire un peu plus que cela : les montrer à des gens qui n'avaient aucune idée de qui j'étais. C'est ainsi que j'ai songé à la publication d'un livre. Je n'avais suivi aucune formation, si tant est qu'on puisse suivre une formation pour écrire un livre. Je voulais le faire, car j'étais curieux. Je voulais savoir ce que les gens penseraient de mes écrits, sans me connaître personnellement. J'avais besoin de cela pour dire si oui ou non j'avais réellement un talent pour l'écriture. Bien que je ne doute pas des avis des membres de ma famille et de mes amis, je ne pense pas qu'ils soient tous objectifs. Pour certains, le seul fait d'écrire est déjà un talent. Or, tout le monde peut écrire, mais tout le monde n'en a pas nécessairement le talent. Il faut un petit plus pour pouvoir parler de talent. Et c'était ce petit plus que je cherchais. C'est donc ce qui m'a poussé à publier mon tout premier livre. Le stress post-publication que j'ai ressenti à sa sortie, je suis le seul à pouvoir en témoigner. Je pense que ce stress-là ne quitte jamais ceux qui réalisent une œuvre, quelle qu'elle soit. Malgré ce stress, j'ai tout de même tenté une deuxième expérience, puis une troisième. Aujourd'hui, je ne crains plus de publier mes écrits, car je sais que je ne ferai certainement jamais l'unanimité ; cependant, j'aurais tout de même donné quelque chose, un tout petit plus, à ceux qui m'auront lu. A mes yeux, c'est cela l'essentiel.

J'écris donc pour moi mais aussi pour les autres. Je me parle tout en parlant à tout le monde et à chacun individuellement. C'est au demeurant ce que je trouve extraordinaire dans l'écriture : cette capacité de toucher à la fois toute une foule, et chacun en particulier. L'expérience est si belle que je ne pense jamais m'arrêter, à moins d'être six pieds sous terre. Et même là, je trouverai assurément le moyen de donner quelque chose, même si ce ne sera pas nécessairement des écrits.

Maya Angelou a dit : « Le succès c'est d'aimer le soi, aimer ce que vous faites, et aimer

comment vous le faites. »

Marcus.

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Sylla Souleymane 27/02/2014 19:57

waouu Merci encore Marcus, une fois de plus et dis-toi que moi je suis un exemple, je t'ai jamais connu et je t'ai jamais vu, mais j'adore tes écrits et à travers ceux-ci j'apprends à te connaître et à voir ta faon de voir les choses.

Passe partout 27/02/2014 13:48

merci de te référer sur ma pensée, mais attends toujours la réponse pour enfin lancer ce groupe qui m'a été d'un coté inspiré par toi, sans te jeter des fleures.