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Le Blog de Marcus Da Writer

FORUM DES JEUNES INDIGNES D'AFRIQUE

3 Février 2014 , Rédigé par Da Writer Publié dans #De moi à vous

Le Mercredi 30 Octobre 2013 se tenait une rencontre entre jeunes africains que nous avions sobrement baptisée : FORUM DES JEUNES ESPOIRS D’AFRIQUE. Le but de cette rencontre était de permettre à chaque jeune désireux de se faire entendre, de prendre la parole et dire ce qu’il avait sur le cœur. Il ne s’agissait pas de parler pour le simple plaisir de parler, mais plutôt parler pour dénoncer, et par la suite, proposer une solution au problème constaté. L’idée était, comme le répète souvent Magatte Wade, de critiquer en créant. Mais puisqu’avant de créer il faut avoir un plan, nous proposions alors de critiquer en proposant. Il n’était toutefois pas dit que nous devions nous arrêter à l’étape de la simple proposition, et attendre que d’autres vinssent concrétiser nos idées. Il était au contraire convenu – et nous avions insisté sur ce point – que les idées proposées soient mises en pratique, et conduites à leur réalisation. Pour ce faire, chacun des jeunes présents devait, dans la mesure du possible, apporter son aide – pas nécessairement financière – pour la réalisation des différentes idées proposées et retenues. C’était à cela que l’on reconnaissait les jeunes espoirs des autres qui ne se bornaient qu’à dénoncer sans proposer, ou à proposer sans penser à aller plus loin.

Cette rencontre a été fructueuse d’une certaine manière, puisqu’elle a permis à des jeunes qui ne se connaissaient pas, et qui pourtant partageaient les mêmes passions, voire les mêmes idées, de faire connaissance, au point de devenir amis. Elle a aussi permis à tous ceux qui avaient des choses à dire, des maux à dénoncer, des idées à proposer, de se faire entendre. En outre, elle a permis à tous les jeunes présents de réaliser qu’ils n’étaient pas les seuls à être inquiets, et les seuls à constater des problèmes dans leur communauté. Vu sous cet angle, force nous est de reconnaitre que cette rencontre a été plus que fructueuse.

Cependant, ayant été à son origine de ce forum, et en connaissance des raisons foncières qui nous ont poussé à l’organiser, nous ne pouvons dire, en toute objectivité, que ce forum a été aussi fructueux que nous l’avions espéré. D’excellentes idées avaient été proposées, et nous avions pu voir l’engouement de chacun des jeunes présents, preuve que l’initiative était de bon aloi. Nul doute que nombre d’entre ces jeunes, inspirés par quelques phrases prononcées, ou quelques idées jetées çà et là, avaient pris des décisions sur le moment, notamment celle de faire enfin quelque chose de remarquable. Il nous faut aussi reconnaitre que certains ont compris la pensée qui nous habitait, ou peut-être la partageaient-ils déjà, et se sont mis au travail, sans que nous n’eussions à le leur demander. Nous n’attendions que cela des jeunes présents au forum : se mettre au travail ; commencer quelque chose ; faire le premier pas ; OSER. Un sage a dit un jour que tout grand voyage commence par un premier pas. Sans ce premier pas, il est impossible d’espérer réaliser quelque chose de grand. Lorsqu’on veut vraiment quelque chose, on n’attend pas que le hasard vienne nous l’offrir sur un plateau d’argent : on se met au travail. Si aussitôt prise, notre décision est oubliée, il est donc inutile d’en prendre ! Il vaut alors mieux être un spectateur, et laisser le train des acteurs s’en aller.

Il ne suffit pas de se dire qu’on est un jeune espoir pour le devenir. Etre un jeune espoir, c’est toute une responsabilité en soi. C’est avoir la charge de toute une communauté. C’est ne plus s’appartenir à soi-même, mais se dévouer aux autres, à une cause plus grande que sa propre personne. Etre un jeune espoir, ce n’est pas seulement le dire et le faire dire par d’autres ; c’est surtout mener des actions concrètes, ou du moins les commencer. C’est avoir de la constance dans les idées, et ne pas s’arrêter au premier échec, ou à la première difficulté. Etre un jeune espoir, c’est ne pas pouvoir être tranquille, lorsqu’autour de soi des gens ne le sont pas. Etre un jeune espoir, c’est être constamment en train de songer à des solutions aux problèmes qui touchent ceux pour lesquels l’on est un espoir. Etre un jeune espoir, c’est être l’espoir d’une famille, d’une communauté, d’un quartier, d’une ville, d’un pays, du monde. Et enfin, être un jeune espoir, c’est être un révolté, un indigné.

On ne peut pas être un indigné tout en étant tranquillement assis chez soi, tandis que la réalité dans laquelle l’on vit ne correspond pas à ce que nous aurions voulu. Le Mahatma Gandhi nous exhortait à être le changement que nous voulons voir dans le monde. La question est : quel changement nous voulons voir ? Sommes-nous nous de notre monde tel qu’il est ? Et, dans une moindre mesure, sommes-nous contents des réalités qui font notre quotidien ? On ne peut pas être un indigné, si on ne mène aucune action pour chasser la ou les raisons de notre indignation. Un indigné est forcément un révolté, sinon il n’est plus un indigné. Mais la révolte dont il est ici question n’est pas celle qui appelle à la violence, mais plutôt celle-là qui pousse à penser des solutions et, une fois trouvées, les mettre en pratique.

Trois mois se sont écoulés depuis cette rencontre, depuis ce forum des jeunes espoirs d’Afrique. Certes, trois mois peuvent être considérés insuffisants pour dire si oui ou non le forum organisé à eu un quelconque impact ; mais dans notre pensée, et selon les objectifs que nous nous étions fixés, après trois mois, nous devions déjà voir, sinon des réalisations, du moins des ébauches de réalisations des différentes idées proposées. Hélas, il nous faut reconnaitre notre échec sur ce point. Pendant trois mois, nous avons observé, attendu, espéré, cru, mais en vain. Nous avons certes noté la concrétisation d’un projet pour les enfants de la rue, que nous saluons au passage, mais hormis cela, rien. Notre objectif n’était pas d’organiser une rencontre comme cela a coutume d’être, mais plutôt d’insuffler à tous ceux qui auraient été présent l’indignation qui nous habitait, afin que de véritables actions soient menées par des jeunes, et que, pour une fois, la jeunesse africaine puisse être prise au sérieux.

Nous ne tirons aucune gloire dans l’organisation de pareilles rencontres, si celles-ci ne produisent pas les résultats escomptés. Nombreux sont ceux qui nous avaient demandé de perpétuer le forum, afin que d’autres jeunes puissent en profiter. Même si c’était aussi là notre intention depuis le départ, il nous fallait au préalable voir ce que les premiers jeunes espoirs auraient réalisé, afin d’avoir des arguments pour inciter les jeunes qui seraient venus par la suite à s’inscrire dans le même sillage. Mais avec de tels résultats, après trois mois, comment pourrions-nous encore prétendre être des jeunes espoirs ? Il nous faudrait sincèrement se remettre en cause et revoir nos premières motivations. Il nous faudrait se poser les véritables questions, afin d’intégrer les réponses qui en émaneraient : pourquoi avions-nous tenu à assister à ce forum ? Quelle décision avions nous prise à sa sortie ? Et aujourd’hui, après trois mois, qu’avons-nous fait pour réaliser ce que nous nous étions promis ?

Si nous arrivons à dormir en paix, et si, en raison de cela, nous nous disons que tout va bien, alors nous avons un problème encore plus grand. Il est impossible de se dire que tout va bien, cependant que de nombreux jeunes sont encore à se demander s’ils pourront poursuivre leurs études. Il est impossible de se dire que tout va bien, cependant qu’il y a encore des centaines, voire des milliers d’enfants dans la rue, en dépit du froid qui sévit ces derniers temps. Il est impossible de se dire que tout va bien, cependant que se nourrir convenablement tient encore de la gageure pour bien de familles. Il est impossible de se dire que tout va bien, cependant que des personnes meurent dans ou à cause de honteux accidents de la route. Il est impossible de se dire que tout va bien, cependant qu’on n’a pas encore atteint cette égalité des chances tant rêvée et tant vénérée. Et il est impossible de se dire que tout va bien, cependant que le taux de chômage, le taux de malades qui peinent à se faire soigner, le taux de gens affamés, et le taux d’échecs scolaires vont grandissant. Que nous faut-il de plus pour réaliser que tout ne va pas bien, et que c’est à nous, jeunes qui nous targuons d’être des espoirs, qu’incombe la lourde tâche de trouver des solutions à ces problèmes. Au lieu de se dire qu’untel va certainement le faire, il faut se demander pourquoi l’on ne pourrait pas le faire nous-mêmes ? Aucune raison ne saurait être valable pour nous empêcher de participer, avec nos moyens, à l’instauration de situations meilleures. Dites-nous ce que vous savez faire, et nous vous dirons ce que vous pouvez faire.

Si jusque-là j’ai utilisé la première personne du pluriel, au lieu de dire « moi » ou « je », c’est parce que j’estime que mes inquiétudes peuvent tout aussi bien être les vôtres, d’autant que je partage avec chacun de ces jeunes dits espoirs la responsabilité de ce cuisant échec. Je suis fautif au même titre que vous. Chacun de nous pourra se défendre en disant avoir commencé quelque chose, voire réalisé quelque chose, mais quoi ? Où est donc cette chose ? Nous pouvons tous donner de bonnes raisons pour justifier notre inactivité, et moi plus que d’autres, mais ces raisons ne sauraient être recevables. Les idées, on les conçoit dans la tête. Et pour faire travailler le cerveau, on n’a besoin que d’une seule chose : un cerveau. L’une des personnes que je considère comme modèle, a dit un jour : « Ce que tu fais de valeureux aujourd’hui, inspire les actions des autres dans le futur. » Je ne saurai dire si ce que je fais est valeureux ou non, mais j’espère faire quelque chose de valeureux, car je me refuse toujours de croire que ces grands de l’Afrique, qui ont aussi été – et demeurent – les géants de ce monde, soient morts en vain. Non, je me refuse de le croire. Ce sont des graines portées en terre, et nous nous devons d’être leurs fruits. C’est pourquoi, je ne me lasserai jamais de faire ce que je crois être juste, n’en déplaisent à ceux qui le verront d’un mauvais œil.

Une fois encore, je prends l’initiative de vous donner un rendez-vous, afin que nous puissions échanger sur les problèmes que nous rencontrons dans nos communautés, et proposer, ensemble, des solutions, qui, cette fois, devront être menées à la réalité. Je ne sais pas si ce sentiment est le même pour tous, mais cela m’écœure toujours de voir des étrangers venir chez nous avec la noble intention de nous venir en aide, comme si nous ne pouvions le faire nous-mêmes. Années après années, ils sont de plus en plus nombreux : les volontaires pour la bonne cause. A leurs yeux, ils font là des choses nobles, et ils se disent mériter, sinon notre entière coopération, du moins notre respect. Et nous, ne méritons-nous pas le leur ? Quand allons-nous décider de faire les choses nous-mêmes ? Ce modèle que j’ai cité plus haut a dit encore : « une race sans aucune autorité et sans aucun pouvoir est une race qui ne se respecte pas. » Respectons-nous, et soyons des indignés, car, la main qui donne sera toujours au-dessus de celle qui reçoit. Pour ma part, je vous donne rendez-vous le Samedi 8 Mars 2014, afin d’échanger autour de ces questions. Le lieu sera choisi ultérieurement, et communiqué sur ce blog et par e-mail, à ceux qui le souhaiteront. Et s’il vous est important d’affubler cette rencontre d’un titre, prenez celui-ci : FORUM DES JEUNES INDIGNES D’AFRIQUE.

Marcus da Writer.

marcusdawriter@gmail.com

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