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Le Blog de Marcus Da Writer

NOUVELLE : LA COUPABLE DE VIOL

5 Avril 2014 , Rédigé par Da Writer Publié dans #Récits & Nouvelles

NOUVELLE : LA COUPABLE DE VIOL

TRAVERTISSEMENT : Certains mots et termes utilisés dans ce texte peuvent être choquants. Considérez que ceci est déconseillé aux coeurs d'ange, aux gens prudes et aux sains d'esprit. Aucun contrat ne nous liant vous et moi, vous pouvez passer votre chemin à tout moment.


LA COUPABLE DE VIOL
par Marcus da Writer

Une nouvelle est tombée ce matin. Une fille, elle avait la vingtaine à ce que je m'en souviens ; une très belle fille : un visage doux et aimable, des yeux de biche, une peau d'une noirceur d'ébène, des cheveux aussi noirs que le jais, courts, formant une masse sur sa tête, et un corps magnifique présentant de belles rondeurs, celles-là qui font la particularité des femmes d'Afrique ; cette fille, que je n'ai vue qu'une seule fois, eh bien, elle s'est donné la mort ce matin. Ou peut-être était-ce hier. La nouvelle, quant à elle, est tombée ce matin. Moi, je l'ai lue dans les journaux. Personne n'en parle encore car la surprise est certainement générale. La mort de cette fille vient redéfinir bien de choses. D'une coupable, il me semble qu'elle passera bientôt, aux yeux de tous, pour une victime, car les morts, eux, ont toujours raison.

Mais avant que les gens n'en prennent conscience et que les discours changent, il me faut vous parler d'elle, de cette fille, telle que je l'ai connue, et telle qu'elle s'est présentée à moi. A ce moment-là, elle n'était pas une victime, mais une coupable : une coupable de viol. Comment est-ce possible ? Eh bien, ça l'est, du moins de ma société. Une femme et même une fille peut bien être coupable de viol. Si je vous en parle, c'est parce que, je ne sais pour qu'elle raison, cette fille m'a embarqué dans cette histoire, dans son histoire. Elle tenait à ce que je la raconte afin que la lumière se fasse. Or, pour ne rien vous cacher, je l'ai moi aussi longtemps crue coupable. Ne me demandez pas pourquoi, car mes raisons n'ont rien à faire dans ce récit. Si j'ai changé d'avis, ce n'est pas à cause de sa mort, mais à cause de sa ténacité, de sa persévérance, de son refus de baisser les bras et donner raison au monde. Elle se sera battue jusqu'à la fin. Et si elle s'est donné la mort, c'est sans doute pour poursuivre ce combat. Mourir pour dire un non définitif. Mourir pour dire qu'elle n'était pas une coupable, mais plutôt une victime. Plus personne ne lui fera à présent dire le contraire. Plus personne.

Je ne suis pas un écrivain, juste un pigiste qui se débrouille assez bien avec les mots. Je ne suis même pas célèbre. J'ignore d'ailleurs comment cette fille a entendu parler de moi, ni pourquoi elle a voulu que ce soit moi, et personne d'autre, qui raconte son histoire. A force de me faire parvenir ses récits, à force de me suivre partout dans la rue, à force de me téléphoner, de m'envoyer des SMS à toute heure, de faire le pied de grue devant mon domicile et même devant le bureau, j'ai fini par lui dire que j'allais y penser, que j'allais reconsidérer les faits, que j'allais, peut-être, lui donner cette chance de raconter son histoire. J'ignorais alors qu'elle avait l'intention de mettre fin à ses jours. Peut-être, à y bien réfléchir, l'y ai-je poussé en lui disant que je ne pouvais pas, pour ma propre crédibilité – car je venais à peine de me faire remarquer dans le métier – écrire pareille histoire, sachant que je serai désigné à la vindicte populaire. Si tel est le cas, alors je suis autant coupable de sa mort que le sont tous ces gens qui l'ont crue coupable, tous ces gens qui ont justifié l'acte dont elle a été victime, et surtout, tous ces gens qui l'ont violemment critiquée parce qu'elle a eu le malheur d'être une jeune femme et d'avoir un vagin. Maintenant qu'elle n'est plus, il est peut-être temps que l'on s'arrête de parler et que l'on écoute, pour une fois, ce qu'elle a à dire. Je ne suis pas un écrivain ; je ne suis que deux mains par lesquelles passe le fantôme d'une présumée coupable de viol pour raconter son histoire.

Elle s'appelait Yacine, et elle était plutôt jolie.


Dakar, Sénégal, le 17 Août

Yacine Ndiaye, la coupable

Il y a plusieurs manières de faire parler de soi. Devenir une célébrité est une question de minutes, voire de secondes, lorsqu’on sait quoi faire et avec qui le faire. La notoriété, c’est ce que brigue la plupart des gens aujourd’hui. Certains sont prêts à tout pour y parvenir, ignorant que tous les moyens ne sont pas bons pour atteindre cette fin-là. Certains chemins y menant sont des voies nébuleuses qui, une fois empruntées, ne laissent aucune possibilité de retour à la vie normale, à la vie tranquille. Cela, je l’ai appris à mes dépens. Bien que je n’aie jamais cherché à être célèbre, je le suis aujourd’hui, malgré moi. Je ne gagne pas d’argent pour cela et ne donne pas d’interview, et pourtant, mon nom est connu de tous, et tous, même ceux qui ne m'ont jamais vue, parlent de moi. Tous croient me connaître, connaître ma vie, connaître jusqu'à mes pensées. Les paparazzis sont constamment à ma poursuite. Ceux qui sont avides de quelque promotion ou d'une certaine rémunération vont jusqu’à fouiner dans les tréfonds de ma vie, à la recherche de tout ce qui pourrait corroborer leurs dires, et éventuellement me nuire. D’une fille de l’ombre, connue par une minorité de personnes, je suis devenue une personnalité publique, une fille que l’on conduit, à son corps défendant, sur la tribune du jugement, afin que les injures et les calomnies tous azimuts s’abattent sur elle. Si je pouvais remonter le temps, effacer le mal, tout recommencer, je ferais assurément d’autres choix, de bien meilleurs cette fois. Mais hélas ! Le temps ne peut être figé. Il n’a même pas la capacité de revenir sur ses pas. Il suit tranquillement son cours et exige à ce que nous en fassions autant. Et bien que cela soit difficile, je n’ai d’autre choix que d’aller de l’avant, en espérant que les jours à venir seront meilleurs que ceux que je laisse derrière moi. Personne ne fait d’erreur volontairement. On essaye toujours de faire au mieux, mais, humains nous sommes, condamnés à tomber parfois, et à se relever souvent. Aujourd’hui, je pardonne en espérant être pardonnée. Je tourne la page en espérant que les autres en feront autant. Et j’avance en espérant que tout le monde avancera, que le vent emportera avec lui les souvenirs de cette période sombre de ma vie. Cependant, quoi que la volonté y soit, il m’est impossible d’oublier qu’en moins de deux semaines, ma vie s’est transformée en un véritable enfer. Je me réconforte en me disant que l’enfer est pavé de bonnes intentions, et j’attends. J’attends patiemment ce jour ultime où tout prendra enfin fin. Et s'il tarde à venir, je n'aurai d'autre choix que d'aller vers lui, afin que la lumière, pour une fois et pour toute, se fasse.

Mon histoire vous semblera certainement tirée par les cheveux, et mon récit encore plus, mais sachez que tout ce que j'y dis est vrai. Je ne suis pas une passionnée d'écriture, mais je n'ai trouvé que ce moyen-là pour me faire entendre, car ma voix n'a pas assez de force pour tonner au dessus de toutes celles qui s'élèvent pour me fustiger. Aux yeux de certaines personnes, je suis et resterai la coupable, celle à qui l'on doit imputer tous les stupres. C'est entièrement ma faute si j'ai été au mauvais endroit, au mauvais moment. C'est entièrement ma faute si je suis une jeune femme, assez jolie, qui attire les hommes aux phallus alertes. Et c'est entièrement ma faute si je n'ai pas eu assez de force pour me défendre, si je n'ai pas eu assez de discernement pour prévoir ce qui allait se passer ; tout est entièrement de ma faute. L'autre personne, elle, ne compte pas, car cela est tout à fait juste qu'un homme perde le contrôle et laisse s'exprimer sa libido. Malheur plutôt à celle qui se trouvera en sa présence à ce moment-là. Je suis la malheureuse qui s'est trouvé en la présence de cet homme, ce jour-là, dans cette pièce, ma propre chambre. Je n'attends pas à ce que l'on me défende, ou que certaines victimes de viol ou leurs proches y voient une raison de condamner cet acte qui tend à être banalisé dans notre société. Non ! Tout ce que je demande, c'est que l'on m'écoute, pour une fois. Je veux que l'on cesse de me calomnier, je veux que l'on cesse de me voir comme une coupable de viol.

L'autre homme, c'était mon oncle ; un avocat très réputé pour avoir eu à défendre nombre de personnalités importantes, et surtout pour avoir toujours remporté ses procès. Sa réputation dépassait les frontières. On le connaissait jusque dans les pays occidentaux, que nous aimions appeler « les pays des blancs ». D'ailleurs, il vivait dans l'un de ces pays-là, plus précisément aux États-Unis. Il y avait un appartement luxueux, m'avait-ton dit, et était très courtisé par les jeunes dames autochtones, non pas seulement en raison de sa réputation, mais surtout parce qu'il était très bel homme. Pour tout vous dire, s'il n'avait pas été mon oncle, je n'aurais pas dit non à une proposition de mariage. Il incarnait tout ce qu'une jeune femme de mon âge pouvait rechercher chez un homme. C'était un gentleman, grand, beau, fortuné, qui parlait comme un dieu et avait l'un de ces regards à vous glacer le sang. Toutes les jeunes filles que je connaissais s'accordaient pour dire qu'il était le nec plus ultra en matière d'homme, et que son épouse était très chanceuse.

En parlant de son épouse, c'était une femme pour laquelle j'avais une très grande estime. Elle était incroyablement belle, forte, indépendante, accomplie. Elle avait deux gosses, et pourtant, elle semblait n'être jamais passée sur la table d'accouchement. Je voyais en elle un modèle. Je me disais qu'en grandissant, j'allais être comme elle, sinon mieux. Certes, elle était quelque peu prétentieuse, parce que, bien qu'étant partiellement noire, elle avait une certaine répugnance pour les noirs, plus particulièrement pour ceux qui n'appartenaient pas à sa classe sociale. Justement, ma famille n'appartenait pas à cette classe sociale-là. Le seul mérite que nous avions était cet oncle, le frère à ma mère, qui avait très bien réussi, et dont les largesses se faisaient voir jusqu'à l'autre bout de la famille. Il était notre fierté à tous, voilà pourquoi lorsqu'il décidait de rentrer au pays, nous nous faisions une joie de le recevoir. Mon père aménageait la chambre d'invité afin qu'il soit à son aise, tout en sachant qu'il lui était impossible de le mettre dans les mêmes conditions que celles qu'il quittait. Heureusement, mon oncle n'était pas une personne compliquée. Il se contentait bien d'une petite chambre de six mètres carrés, dans laquelle mon père avait fini par installer un lit de deux déplaces, au cas où mon oncle viendrait avec sa femme. Mon père ne voulait pas qu'ils aillent à l’hôtel, parce qu'il estimait qu'en tant que beau-frère, c'était à lui de les accueillir à domicile. Mais à dire vrai, il le faisait tout juste pour s'en vanter plus tard auprès de ses amis du quartier, car tout le monde connaissait mon oncle. Tout le monde.

Comme chaque fois qu'il venait à la maison, mon oncle me ramena un cadeau ; et cette fois-là, ce fut une magnifique robe blanche qu'il avait achetée dans une boutique réputée de New York. Inutile de vous dire que j'étais tout de suite tombée amoureuse de la robe, surtout parce qu'elle était sexy. Mon père, en la voyant pour la première fois, avait fait la moue, parce qu'il n'aimait pas que je mette ce genre de vêtements, mais il avait fini par sourire, car le cadeau venait de mon oncle, lequel ne devait sous aucun prétexte être contrarié. Ainsi, j'avais gardé la robe et la réservais pour une occasion spéciale. Il n'y en avait pas beaucoup, mais je savais que j'allais bien finir par en trouver une. Et puis, il y avait Alioune, mon petit-ami. J'espérais bien lui faire tourner la tête avec cette robe. Quelle fille n'aimerait pas être coquette aux yeux de son petit-ami ? Certainement pas moi. Il ne perdait rien pour attendre, me disais-je, en rangeant ladite robe dans mes affaires, là où aucune de mes amies n'auraient pu la voir et tenter de me l'emprunter.

Les relations entre mon oncle et moi avaient toujours été excellentes. Il m'appelait sa petite femme, et je me faisais une joie de remplir ce rôle, d'autant que cela me donnait de la côte dans le quartier lorsque nous sortions. Et sortir, mon oncle aimait cela. Jamais encore je n'avais vu un homme affectionner autant les shoppings. Chaque fois qu'il s'ennuyait un tout petit peu, que l'on passait un programme à la télé qu'il n'appréciait pas, il me faisait aussitôt appeler et me demandait de l'accompagner dans le centre-ville. Bien entendu, je ne refusais jamais car cela était aussi à mon avantage. Un shopping équivalait à une robe ou une chaussure de plus dans mon armoire. Et vu que mon père n'était pas le genre à me donner de quoi remplir ma garde-robe, ces occasions n'étaient pas à refuser. Mais chaque séance de shopping nous rapprochait de plus en plus mon oncle et moi. Il me parlait de sa famille, de ses problèmes avec sa femme, raison principale de ses nombreux voyages vers l'Afrique, mais aussi de son travail, lequel me passionnait énormément. En fait, je voulais être avocate, non pas à cause de lui, mais parce que j'aimais cela. Je me voyais comme une femme avocate, propriétaire de son propre cabinet, toujours vêtue en tailleur et haut-talons, et commandant des hommes. Et s'il y avait bien une personne capable de m'aider à réaliser cette ambition, c'était mon oncle. Lorsque je lui avais fait connaître mes projets futurs, il avait tout de suite montré de l'intérêt pour chacun d'eux. Il m'avait encouragée et m'avait fait la promesse de m'aider dans toutes les démarches une fois que j'en aurais fini avec l'université. Mais en finir avec l'université était un vrai parcours du combattant.

Ce jour-là, à notre retour du shopping, il n'y avait personne à la maison. Mon père, comme à son habitude, était au travail, et ma mère était certainement en train de gérer sa boutique de vêtements, laquelle se trouvait à une centaine de mètres de la maison. J'étais fille unique, alors, j'avais l'habitude de rester seule. Mais puisque c'était les grandes vacances, je pouvais sortir, aller flâner avec les amis, et m'amuser comme toute jeune femme de vingt-deux ans. Cependant, avec mon oncle à la maison, cela était à écarter. Mes parents m'en auraient voulu de le laisser tout seul. Ainsi, nous étions restés au salon à parler de tout et de rien, comme nous le faisions d'habitude. Mais cette fois-là, ce ne fut pas comme d'habitude. Mon oncle, qui était étendu dans le divan cependant que je m’émerveillais encore devant les deux paires qu'il venait de m'offrir, me regarda d'un air étrange, avant de sourire timidement. Sentant son regard sur moi, je levai la tête, et, le fixant à mon tour, lui demandai-je :

  • Quoi ?

  • Rien ! dit-il.

  • Alors, pourquoi me regardes-tu de la sorte ? Et pourquoi as-tu ce petit sourire sournois ?

  • Parce que je pense !

  • Tu penses ? Et à quoi ?

  • Au fait que tu es devenue une femme. Une belle jeune femme.

Je baissai aussitôt la tête, embarrassée par ce compliment qui se trouvait être vrai. Je savais que j'étais devenue une femme, attirante, belle, comme la femme de mon oncle, mais en beaucoup plus jeune et plus gentille. Je le savais parce que le regard, à mon égard, des jeunes hommes du quartier comme de tous ceux que je rencontrais avait changé. Ils ne me regardaient plus comme une jeune fille banale, mais plutôt comme une personne qu'ils voulaient avoir près d'eux. Je n'étais pas dupe, et je savais où ils voulaient en venir. Il m'arrivait de les aguicher intentionnellement juste pour le plaisir, et surtout pour qu'ils se rendent compte qu'ils étaient dépendant de la femme. Bien entendu, cela marchait toujours. Mais avec mon oncle, c'était différent. Jamais je n'avais eu l'intention de le séduire, tout d'abord parce que c'était le frère à ma mère, mais surtout parce que, beurk ! Je ne pouvais pas m'imaginer l'embrassant par exemple. C'était tout simplement dégueulasse. Il m'avait vue grandir ; et même s'il était vraiment craquant, il ne faisait pas partie de ma liste, en tête de laquelle se trouvait mon homme, Chris Brown.

Alors que je me taisais, poursuivant ma contemplation de mes nouveaux talons, mon oncle se redressa pour s'asseoir, et me demanda :

  • Elles te plaisent tant que ça, ces chaussures ?

  • Oh oui ! répondis-je, comme si cela était une évidence.

  • Tu pourrais en avoir d'autres dans le genre, tu sais ! Je t'en achèterai lorsque je retournerai à New York.

  • Vraiment ? m'écriai-je. Ce serait vraiment génial !

  • Je sais. Mais essaye-les ! Tu ne les as pas choisies pour les contempler, tout de même !

Je souris et m’exécutai. Ces talons étaient tout juste magnifiques. Afin de mieux les sentir sous mes pieds, je me levai et me mis à marcher avec eux. Je me sentais belle, et je voyais dans le regard de mon oncle qu'il le voyait également.

  • Comment les trouves-tu ? lui demandai-je.

  • Tu es magnifique, répondit-il.

  • Merci, mais je parlais des talons.

  • Oh ! C'est très joli. Mais tu devrais l'essayer avec la robe que je t'ai ramenée.

  • Tu penses ?

  • Évidemment ! Vas-y, je te le dirai si tu es moche à l'intérieur.

  • Je sais que je ne peux pas être moche avec une telle robe.

  • Ça, c'est à moi de le dire.

Sans hésiter, toute souriante, je me rendis dans ma chambre, et retirai mes vêtements, avant de me mettre à chercher la robe en question. Je ne mis pas de temps à la trouver. Avec beaucoup de précaution, pour ne pas l'abîmer, je l'enfilai en la passant par la tête. La robe coula sur mon corps comme une chute d'eau. Aussitôt, je me mis à sourire, sans raison aucune. Afin de mettre toutes les chances de mon côté, et ne pas laisser l'opportunité à mon oncle de dire que j'étais moche dans cette magnifique robe, je roulai mes cheveux en chignon, et les maintins avec une barrette. J'étais belle. Je n'avais pas besoin qu'on me le dise, car je le savais. L'image que me renvoyait le miroir de ma coiffeuse venait corroborer cela. J'étais magnifique, et c'était en grande partie grâce à robe. Il ne restait plus que je montre de quoi j'avais l'air à mon oncle.

Juste au moment où je me retournai pour prendre la direction de la sortie, je le vis, mon oncle, débout dans l’entrebâillement de la porte, me regardant avec cet air qu'avaient les garçons lorsqu'ils me désiraient. A ce moment, celui que je voyais n'était plus mon oncle. C'était juste un homme. Un homme qui venait de voir une belle femme. Un homme qui semblait saliver devant une beauté de la nature. Entre mon oncle et moi, il y avait vingt-trois ans de différence d'age ; ce qui veut dire que j'aurais pu être sa fille, et lui, mon père. Seulement, à ce moment-là, je savais qu'il ne me voyait pas ainsi, car ce n'était plus mon oncle.

  • Wow ! Tu es... commença-t-il, avant que sa voix ne se perde dans le vide.

  • Merci, dis-je, l'air gêné.

Ce qui me gênait n'était pas le fait qu'il m'ait trouvée belle, mais plutôt la manière dont il me regardait. Une seule question me trottait dans la tête : depuis combien de temps avait-il été là à me regarder ? Alors que je me posais cette question, il entra dans la chambre et referma la porte en s'assurant qu'elle ne ferait pas de bruit. Son regard ne me quittait toujours pas. Et le mien essayait, tant bien que mal de soutenir le sien. Mon cœur se mit à battre, lentement d'abord, comme un train quittant la gare, puis accéléra lorsque mon oncle se mit à avancer. Je le regardais, tétanisée, ne sachant pas comment je devais réagir. Je ne pouvais pas encore le freiner car il n'avait pas montré qu'il songeait à faire quelque chose. Je ne voulais pas qu'il crût que je n'avais pas confiance en lui, ou que je lui prêtait des intentions lascives. Il ne faisait que s'approcher, d'un air amical, quoi que toute amitié eût quitté son regard. Il vint jusqu'à moi, et, alors que ma poitrine, sous l'effet de ma respiration, se soulevait avant de retomber comme une fleur fanée, il défit mon chignon, en me disant, dans un murmure :

  • C'est mieux ainsi.

Je n'osais pas réagir. Je n'osais même pas répondre. J'étais tétanisée. Je craignais le pire, et je ne savais que faire pour l'éviter. L'atmosphère était tendue. Le temps semblait s'être figé. Le silence était si parfait que je pouvais entendre les battements sourds de mon cœur.

  • Tu as peur ? me demanda-t-il.

  • Non ! répondis-je. Je devrais ?

  • Bien sûr que non.

  • D'accord ! Mais je pense que je vais me changer. Je n'ai pas envie d'abîmer la robe.

  • Attends un peu. Je n'ai pas fini de te regarder.

Et, joignant le geste aux mots, il se mit à marcher autour de moi, tout en regardant chaque parcelle de mon corps, comme un prédateur ayant repéré sa proie. Cette situation n'avait rien d'agréable, mais tant qu'il en restait là, je pouvais encore la gérer. Seulement, il n'en resta pas là. Il posa ses deux mains sur ma taille, et, tout en les faisant glisser sur mes hanches, me dit :

  • Tu es vraiment magnifique.

  • Arrête, s'il te plaît, lui dis-je, d'une petite voix dans laquelle transparaissait toute ma peur.

  • Tu as peur ?

  • Maintenant, oui.

  • Tu ne devrais pas.

  • Je sais. Mais c'est un peu embarrassant ce que tu fais.

  • Et pourquoi ça ?

  • Parce que tu es mon oncle, et tu ne devrais pas faire ce genre de choses.

  • Je suis aussi un homme, tu sais ! Et tu es très séduisante.

Cette fois, je ne pouvais plus jouer la pacifique. Il venait de dépasser la limite, et moi, de réaliser que nous étions tous seuls à la maison. Je voulus aller jusqu'à la porte, mais il me retint par la main.

  • Attends ! dit-il, en me tirant contre lui.

  • Arrête, s'il te plaît, dis-je en détournant la tête, afin de ne pas croiser son regard.

  • Hey ! fit-il. Je ne vais pas te faire de mal.

Cette seule phrase suffit à me terrifier. C'était cette phrase que, dans les films, sortaient les méchants avant de tuer la jolie fille toute naïve et idiote. Mon cœur se mit aussitôt à battre de plus en plus vite. J'avais l'impression que « je ne vais pas te faire de mal » signifiait « tu ne sentiras absolument rien ». Je fis un geste brusque pour me détacher de lui, mais il me retint, cette fois, de force, tout en souriant d'un air goguenard, comme s'il s'était agi un petit jeu entre lui et moi. Son regard n'était plus le même. Je sentais son phallus dressé contre ma cuisse. Alors que j'allais à nouveau lui demander d'arrêter, il me tira vers lui, et nous basculâmes tous les deux sur le lit. Aussitôt, je me mis à pleurer car je savais ce qui m'attendait. Si c'était un jeu, pensai-je, il ne m'amusait plus. Mais ce n'était pas un jeu. Mon oncle se mit sur moi sans effacer ce sourire étrange. Ce fut à ce moment que je criai pour la première fois. Mais aussitôt que ma voix s'était élevée, de sa main droite, il m'obstrua la bouche. Mes yeux s'écarquillèrent car j'avais l'impression d'être en face d'un criminel, d'un monstre. Mes larmes roulaient sur mes tempes pour s'éteindre sur le lit. J'essayais de bouger la tête pour me dégager la bouche, mais je n'y arrivais pas. Il était beaucoup trop fort.

  • Laisse-toi faire, ma petite femme, me dit-il, l'air essoufflé, cependant qu'il défaisait, de sa main gauche, son pantalon.

Les mouvements que je tentais désespérément de faire avec mes pieds pour me débarrasser de lui ne firent que l'aider, car, la robe se souleva, mettant à nu mes jambes, puis mes cuisses. Tel un animal, il tourna la tête pour les contempler un moment, puis, sans bouger, me dit à nouveau :

  • Tu es magnifique.

De sa main gauche, alors que toute sa masse pesait sur moi, il attrapa ma petite culotte et la tira vers le bas. J'essayai de lever les pieds afin de ne pas lui faciliter la tâche, mais cela ne servit à rien. Il était beaucoup trop fort, et son corps sur le mien m'affaiblissait. Bientôt, il réussit à me déshabiller, ou du moins à retirer ma petite culotte. J'étais à présent nue sous la robe. Il n'avait encore rien fait que je me sentais déjà salie. S'il m'avait été possible de pleurer du sang, nul doute que j'en aurais versé tout un seau, voire plus. Je voulais le supplier de m'épargner. Je voulais le supplier de ne pas me faire ce qu'il s'apprêtait à faire, mais je ne le pouvais pas, car il m'avait privée de voix. Il n'eût aucun mal à soulever la robe jusqu'à ma taille, dévoilant mon corps, depuis ma taille jusqu'à mes orteils. Son pantalon, soudain, glissa, comme si une main invisible le tirait vers le bas. Je sentis par la suite son sexe dur contre ma cuisse. Jamais encore je n'avais senti l'effet d'un sexe masculin contre la moindre partie de mon corps. Même s'il s'en était arrêté là, je me serais sentie violée. Mais il ne s'arrêta pas là. A l'aide de ses genoux, bien que je misse tout ce qui me restait de force pour l'en empêcher, il m'écarta les cuisses, tout en me disant, dans un halètement qui trahissait son excitation :

  • Laisse-toi faire, Yacine !

Je n'avais aucune envie de me laisser faire. Je n'avais aucune envie de lui permettre d'atteindre son objectif. Je savais que je pouvais encore lutter. Il allait bien lui falloir me lâcher les deux mains ; j'allais en profiter pour me défendre, même si de force physique, je n'en avais plus suffisamment. J'allais tout de même essayer. Cela était sans compter l'intelligence de mon oncle. Il était bien plus malin que je ne le pensais. C'était à croire qu'il avait fait cela toute sa vie : abuser des jeunes femmes.

De sa main gauche, il maintint mes deux mains sous son torse, en s'assurant que je ne pourrais pas me débattre. Et pendant le laps de temps que je tentais de le repousser de toutes mes dernières forces, il saisit son sexe et l'introduisit dans mon vagin. L'action se passa si vite que tout ce que je ressentis fut une terrible et violente douleur, celle d'un objet externe, on aurait dit un poignard, me traversant les entrailles. Ce fut une douleur sans pareille. Mes yeux s'ouvrirent grandement, et je crus que j'allais mourir. La douleur parcourra tout mon être, en passant par mon ventre jusqu'à ma tête. J'avais si mal que je ne me sentais plus la force de faire le moindre mouvement. J'avais si mal que j'avais l'impression d'avoir atteint le degré ultime de la douleur. Arrive-t-il aux hommes de connaître pareille douleur ? Leur arrive-t-il de ressentir le quart de la douleur que nous, les femmes, ressentons lorsque nos entrailles sont forcées de la sorte ?

Sous sa paume m'obstruant la bouche, je ne pouvais plus crier. Le mal était fait. Il avait réussi.

Il se mit par la suite à s'agiter sur moi en émettant des gémissements sourds. Moi, sous lui, je perdais la tête. Tout ce que je ressentais était cette douleur. Pas de plaisir. Pas le moindre. Juste la douleur. Une forte douleur qui s'empare de tout votre corps. Il me semblait que je me mourrais. Je ne faisais plus aucun effort pour résister. Je ne me sentais même plus la force de crier. La vie m'avait quittée, me semblait-il. Mon regard était figé sur le plafond, et je pensais à toutes les personnes que je laissais derrière moi : mon père, ma mère, Alioune, mes amis. Mourir de cette manière-là était sans doute idiot, mais la douleur était trop forte. Elle était insupportable. Sans savoir comment, sans que je ne l'eusse commandé à mon cerveau, un cri, un dernier cri, quitta mes entrailles et voulut se faire entendre, mais ma voix mourut dans le creux de la main de cet homme que jamais plus je n’appellerai mon oncle. Lui, il avait fini. Une vingtaine de seconde avaient suffi à le satisfaire. Il s'écroulait à présent sur moi, l'air ravi, heureux. Il avait atteint son but. Il venait de baiser la magnifique et séduisante fille de sa sœur. Il était content. Enfin, c'était ce qu'il m'avait semblé voir.

  • A présent, je vais te laisser, me dit-il. Mais si tu cries à nouveau, cette fois, je te ferai du mal.

Je ne répondis pas. Je ne le regardai même pas. C'est à peine si j'entendis sa voix. Je ne l'écoutai pas. Je ne savais qu'une seule chose : je mourrais. Je voulais mourir. A quoi bon vivre si c'est pour rencontrer de tels hommes ? A quoi bon vivre si c'est pour se faire traiter de la sorte, tel un animal à qui l'on refuse le droit d'un quelconque assentiment ?

  • Tu m'as compris ? demanda-t-il. Ne t'avise surtout pas de crier. Et puis, si tu en parles à quelqu'un, à ton père ou à ta mère, je dirai que tu étais consentante. Je dirai que tu m'as attiré dans ta chambre. Tu sais bien que tu ne peux pas gagner face à moi, alors ne joue pas à la plus maligne.

Je continuais d'entendre sa voix, mais ne l'écoutais toujours pas. Mon esprit voyageait. Je pensai à Alioune. Je pensai à toutes ces fois où je lui avais dit non, alors que j'aurais pu lui donner ce droit, parce que, lui au moins, il m'aimait. Je pensai ensuite à mon père et à la promesse que je lui avais faite de ne jamais permettre à un homme, outre celui que j'épouserai, de me prendre ce que j'avais de plus cher. Puis, je pensai à mère et à tous les conseils qu'elle m'avait prodigués afin que je ne me fasse pas prendre au piège. Je pensai aussi à toutes ces amies pour lesquelles être vierge était une fierté qu'elles brandissaient telle la carte de membre d'un club élitiste. Et en dernier lieu, je pensai à moi-même, à ce que j'allais devenir. J'avais l'impression de rêver. Non, me disais-je, tout ceci n'avait pas pu se produire. Mon oncle n'avait pas pu me faire une telle chose. Il m'aimait bien. Il voulait que je réussisse, que je devienne avocate, que j'aille étudier aux États-Unis, à ses propres frais. Non, il n'avait pas pu me faire cela.

Lorsqu'il se leva, me libérant par la même occasion, je me recroquevillai sur moi-même, tel un fœtus dans le ventre d'une femme. J'avais mal. J'avais l'impression que l'on venait de m'arracher de force un organe. Je pleurais, mais je pleurais en silence, car cela ne servait plus à rien de crier. A quoi bon ? J'étais faible. Je ne pouvais bouger le moindre membre de mon corps. Et lui, pendant que je me tordais de douleur, se rhabillais. Il avait l'air satisfait. Il remettait son pantalon en état, sans me quitter des yeux. Il redevenait mon oncle, maintenant qu'il avait fini d'être un homme. Lorsqu'il se fut rhabillé, il se rapprocha de moi, baissa la tête et posa sa main sur mon dos. Je voulus la rejeter, mais je n'avais plus de force pour le faire. Bouger m'était tout juste impossible. Et là, tout en me caressant l'échine, il me dit, de sa voix la plus tendre, celle que j'avais toujours connue :

  • Tu devrais prendre une douche et cacher ce drap avant que tes parents ne reviennent.

Ces derniers mots qu'il prononça avant de s'en aller comme il était venu, retentiront dans ma tête tous les jours où je repenserai à cette histoire. Ces mots, c'est à cause d'eux que je ne pourrai pas garder le secret. Après m'avoir souillée, le voilà qui me traitait comme une saleté, comme si j'étais une prostituée avec laquelle il venait de baiser, et à laquelle il avait donné de l'argent pour cette besogne. Ces mots-là, c'est à cause d'eux que je tenterai de le poignarder, dans mon esprit, bien entendu, car je n'aurai pas assez de force et de courage pour le faire réellement. C'est aussi à cause de ces mots-là que je dirai à tout le monde ce qu'il a fait, ce qu'il m'a fait, dans ma chambre, alors que personne n'était à la maison. Mais ces mots-là ne seront pas suffisants pour le faire condamner, parce qu'il donnera une toute autre version des faits, laquelle me fera passer pour la coupable. Il dira que je jouais à ce jeu avec lui depuis longtemps déjà, ce que mes amies confirmeront, non pas pour me nuire, mais parce qu'elle se souviendront m'avoir entendu dire que s'il n'avait pas été mon oncle, j'aurais bien voulu être sa femme. Et ce sont ces mots-là que l'on retiendra. Ce sont ces mots-là qui me feront passer pour la coupable aux yeux de tous, même à ceux d'Alioune et de mes parents. Et tous les cadeaux viendront corroborer cela. Mon père ne voudra pas que l'affaire s'ébruite, afin de toujours bénéficier des largesses de son beau-frère. Ma mère, sceptique, me rejettera toute la faute, comme tout le monde. Et bien que j'intenterai une action en justice afin qu'il soit condamné, mon oncle la remportera en me faisant passer pour une mauvaise fille, une séductrice, une profiteuse qui n'en voulait qu'à son argent. Et tout le monde le croira. Aujourd'hui, aux yeux, je suis une coupable de viol.

Cette histoire est une pure invention. Yacine n'existe pas. Yacine ne s'est pas suicidée. Je ne suis pas un pigiste par lequel un fantôme serait passé pour raconter son histoire. Je suis un écrivain qui a réalisé à quel point le viol est banalisé dans nos sociétés, et qui a décidé d'inventer une histoire pour mettre cela à l'évidence. Ce sont les gens que l'on croit connaître le mieux qui nous surprennent le plus. La plupart de ces actes ignobles sont commis par des proches, des gens en qui la victime avait confiance. Bien souvent, pour des raisons insensées, les parents, la famille, choisissent de cacher la vérité, parce que celle-ci pourrait nuire à la société, à une certaine réputation, et parce que la douleur que peut subir une femme est préférable à celle que pourrait endurer toute une société.

Parfois, ce n'est pas la famille qui le cache, mais le coupable qui parvient à se changer en victime, trouvant des arguments, comme le port vestimentaire de la fille, le refus auquel il n'a cessé d'être confronté, cependant que cette dernière bénéficiait de ses largesses, ou encore, et c'est le plus absurde de tous, le fait qu'il soit un homme, incapable de résister à toute tentation, pour se défendre. Et, bien entendu, au lieu de le condamner, la société préfère le comprendre, parce que les erreurs, tout le monde en commet, et personne n'est à l'abri face à la tentation, surtout pas un homme. Dès lors, le coupable devient la victime ; l'on cherche ensuite des arguments pouvant incriminer la véritable victime. Ici, Yacine est coupable parce qu'elle ne s'est pas défendue. Elle est coupable parce qu'elle n'a pas révélé aussitôt ce qui s'est passé dans cette chambre. Elle est coupable parce qu'elle devait savoir qu'on ne peut pas faire confiance à tous les hommes. C'est ce qu'on dira. Qu'est-ce qui nous dit que le récit de Yacine est vrai ? Elle pourrait bien n'être qu'une menteuse ! Après tout, ce n'est pas nouveau, des filles qui se jouent des hommes ; celles qui les aguichent afin de réveiller l'animal en eux. Non, ce n'est pas nouveau. Et Yacine pourrait bien être de ces filles-là. Mais si Yacine meure, la donne change. Triste société que la nôtre : société qui refuse à la femme le droit d'être une femme dans un milieu d'hommes ; société qui justifie la violence sur la femme en mettant en avant ses qualités ; société qui légitime le viol sur toutes les filles et femmes s'habillant de manière trop attirante ; société qui accepte qu'un homme souille une femme parce qu'il n'a tout simplement pas pu se maîtriser.

Des Yacine, il y en a eu, et il y en a certainement encore. Des oncles dans le genre de celui de Yacine, il y en a eu, et il y en a certainement encore. Et des cas dans le genre de cette histoire, il y en a eu, et sans doute y en a-t-il encore. Que faudrait-il pour y mettre fin ? Que faudrait-il pour que les hommes comprennent qu'il n'y a aucune circonstance qui justifie le fait qu'une femme se fasse violer ? Faudrait-il, pour y mettre fin, que les victimes de ces actes ignobles, comme Yacine, mettent fin à leurs jours ?

FIN.


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Fatma Sy 05/04/2014 15:10

Marcus toi même tu sais que celamz touche profondément. F.S

NdéYacine 05/04/2014 13:10

Merci d'avoir une plume aussi soucieuse des réalités de nos sociétés.
J'ai eu très chaud au cœur en lisant cette histoire non pas parce que je m'appelle pareil mais plutôt par empathie au personnage et par prise de conscience du ressentiment amer que portent toutes ces "coupables" de viol.... Que Dieu nous garde !