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Le Blog de Marcus Da Writer

ENTREPRENEURIAT : LE BOOTSTRAPPING OU LE DEMARRAGE SANS FINANCEMENT

24 Mai 2014 , Rédigé par Da Writer Publié dans #De l'Entrepreneuriat

ENTREPRENEURIAT : LE BOOTSTRAPPING OU LE DEMARRAGE SANS FINANCEMENT

Avant d’en venir au sujet que j’entends aborder dans ce billet, je tiens à vous présenter mes excuses pour n’avoir pu, pour des raisons multiples et personnelles, animer cette rubrique de mon blog que j’ai intitulée : De L’Entrepreneuriat. Je vais cependant me rattraper avec ce billet, qui, je le pense, devrait être utile aux aspirants entrepreneurs africains et à ceux qui viennent à peine d’intégrer ce vaste et complexe monde de l’Entrepreneuriat. Ce qui m’a poussé à le publier ici, alors qu’il l’a déjà été dans la chronique hebdomadaire que je tiens sur www.actusen.com c’est qu’il répond à un véritable besoin. J’ai pu le constater aujourd’hui lors d’une conférence que je tenais autour des questions du développement personnel et du leadership.

A tout porteur de projet auquel il est posé la question des difficultés qu’il rencontre, la réponse qui vient en premier, et qui est partagée, sinon par la totalité des porteurs de projet, du moins par la majorité d’entre eux, est : le problème de financement. En effet, dans notre contexte africain où n’existe presque pas, ou, osons le dire, pas du tout de sociétés ou de fonds de capital-risque, trouver un financement est un vrai parcours du combattant, qui plus est lorsqu’on est un entrepreneur débutant, et qu’on n’a pas d’accointances avec les entrepreneurs aguerris ou les autres acteurs du monde de la finance, capables de nous donner un coup de pouce. De ce fait, de nombreux projets meurent bien avant de voir le jour. Nous le savons désormais : les banques ne prennent pas de risques. Elles prêtent, certes, mais ne prêtent qu’à des gens solvables, c’est-à-dire ceux qui ont déjà prouvé qu’ils ont la capacité de payer leurs dettes, ou ceux qui possèdent des richesses matérielles pouvant être hypothéquées.

Le jeune entrepreneur qui se lance à peine n’a pas cet avantage-là. Il n’a parfois même pas les fonds nécessaires pour ne serait-ce que mettre les bases de son projet. Comment pourrait-il donc bénéficier des prêts qu’offrent les banques ? Au demeurant, les investisseurs particuliers, entrepreneurs aguerris ou autres détenteurs de fonds, qui devaient pallier à ce problème de financement, ne le font pas non plus ; non pas toujours par manque de volonté, mais très souvent parce qu’il est difficile de choisir parmi une pléthore d’excellents projets celui qui aurait le plus de chance de réussir. Il faut savoir qu’aussi déterminés soient-ils à aider les jeunes entrepreneurs, aucun de ces investisseurs n’aimerait voir son argent jeté par la fenêtre ou mis dans un projet qui présente plus de risques d’échec que de réussite. Ce n’est pas à eux qu’il incombe de croire aux projets des jeunes entrepreneurs, mais aux jeunes entrepreneurs de leur prouver que leur projet est porteur, et qu’il peut, s’il est accompagné, donner de succulents fruits. Tout investisseur veut faire du profit. Qu’il s’agisse d’entrepreneurs sociaux ou pas, tous entendent fructifier leurs revenus, car personne ne travaille à perte. Ainsi, ce n’est pas à l’aveuglette qu’ils choisissent qui accompagner. Certainement me parleriez-vous de Business Angels, qui n’ont d’autres ambitions que de prendre part à des projets innovants et porteurs. S’il en existe en Afrique, ces Business Angels sont soit inconnus des porteurs de projet, soit totalement inaccessibles. Conséquemment, le porteur de projet se retrouve très souvent seul, avec son beau projet dans la tête, ou sous la main, qu’il ne peut hélas réaliser.

S’il est impératif que l’entrepreneur développe de nouvelles qualités, de nouvelles compétences, dont la créativité, c’est bien pour être à même de contourner ce genre de problèmes. Un entrepreneur doit être conscient des obstacles qui se trouvent, ou pourraient se trouver, sur son chemin, et penser à des moyens pour, soit les détourner, soit les faire disparaître. Dans tous les cas, il ne doit pas s’arrêter à cela et dire que c’était impossible. L’entrepreneur ne connait pas l’impossible. Il ne connait que des tentatives qui n’ont pas donné de résultats satisfaisants, mais qui, néanmoins, l’ont rapproché de la solution. Face au problème du financement, nous avons malheureusement pris l’habitude, en Afrique en l’occurrence, de se plaindre au lieu de penser à d’autres alternatives. La grande tendance est de vanter son projet et justifier ensuite son inaction par le manque de financement. On entendra dire : « ce projet est très porteur, mais je manque de financement pour le faire démarrer », ou, « j’aurais déjà réalisé ceci, serais déjà arrivé à tel niveau, si j’avais pu avoir le financement nécessaire. »

Un homme sage disait que ceux qui veulent réussir s’en donnent les moyens, les autres trouvent des excuses. C’est exactement ici le cas. S’il est vrai que le problème du financement est crucial, il ne devrait cependant pas être une raison pour ne point lancer son activité, démarrer son projet, ou mettre son produit sur le marché. De nombreuses solutions nous sont aujourd’hui offertes pour contourner ce problème de financement, parmi lesquelles le fundraising, le crowdfunding et le bootstrapping. Ici, c’est du bootstrapping que nous parlerons.

Qu’est-ce que le bootstrapping ?

Vous trouverez certainement de nombreuses définitions de ce mot en faisant une recherche sur Google. La définition que je vous en offre cependant est la mienne propre, et je pense qu’elle cadre le mieux avec l’idée que je me fais du bootstrapping. Notez que cela est totalement subjectif. Le bootstrapping est donc, selon moi, l’art de se débrouiller pour lancer, malgré tous les obstacles, son projet, ou démarrer son activité, sans le concours des banques ou d’investisseurs. En effet, dans le bootstrapping, on contourne la voie habituelle où le porteur de projet va contacter les banques ou autres investisseurs afin qu’ils l’accompagnent, pour emprunter une toute nouvelle, où le porteur de projet utilise ses propres ressources pour mettre en place son projet. Des ressources, nous en avons tous. Certains savent les utiliser, quand d’autres les négligent, ignorant que ce sont-là les clés de la réussite de leurs projets.

Si j’ai choisi de parler du bootstrapping au lieu de commencer par le fundraising ou le crowdfunding, c’est parce qu’on retrouve ces deux méthodes de financement dans le bootstrapping. Le fundrainsing, pour faire simple, est une levée de fonds ayant pour objectif le financement d‘un projet. Les moyens pour le faire sont nombreux et variés. Certains profitent d’un concert, d’autres, d’une soirée à thème, ou d’un quelconque autre événement, le but étant de réunir, dans un même lieu, des personnes susceptibles d’accompagner financièrement le projet pensé. Pour le crowdfunding, c’est presque pareil, à la seule différence que c’est un appel lancé à une communauté afin qu’elle vienne participer à la réalisation d’un projet, en échange d’une rétribution fixée par le porteur du projet. Cela peut être autre chose que de l’argent. Le bootstrapping réunit en quelque sorte ces deux méthodes de financement. Comment ? C’est ce que nous allons voir. Mais avant, il est opportun d’expliquer le fonctionnement du bootstrapping.

Comment bootstrapper ?

Le bootstrapping part d’un principe simple : vous n’avez pas besoin d’investisseurs pour démarrer votre entreprise. Tout ce qu’il vous faut, c’est l’intelligence, car c’est elle qui vous permet de supprimer les dépenses inutiles, pour vous concentrer sur ce qui est vraiment essentiel, c’est-à-dire le strict minimum nécessaire pour faire marcher l’entreprise. Prenons un exemple prosaïque. Supposons que vous avez l’intention de créer une entreprise de vente de chaussures originales. Vous commencez, bien entendu, par concevoir dans votre esprit, puis sur un support, les chaussures que vous aimeriez proposer au public – ce que Stephen R. Covey appelle « Start with the end in mind ». Mais ensuite, il vous faut les réaliser, car les clients n’achèteront certainement pas des images de chaussures, mais de vraies chaussures. La tendance des porteurs de projet dans ce cas est d’aller voir des investisseurs, ou des banques. Dans notre exemple, un quelconque porteur de projet ira voir des banques ou des investisseurs, afin de leur présenter leur projet d’entreprise de vente de chaussures originales. Sur le papier, le lancement du projet sera estimé à des millions de francs CFA. Certes, cela sera vrai car, pour monter une telle entreprise, il faudra du matériel, un local, un personnel etc… Mais est-ce là ce qu’il faut ABSOLUMENT pour réellement lancer une telle activité ? Est- il impossible, sans ces millions de francs CFA, de réaliser lesdites chaussures ?

Dans le bootstrapping, on arrête de penser à l’entreprise finale, c’est-à-dire telle qu’elle doit être dans le futur, pour se concentrer sur le démarrage, c’est-à-dire le strict minimum nécessaire. Dans notre exemple, le strict minimum nécessaire est les prototypes de ces chaussures que l’on entend proposer aux clients. Combien d’argent faut-il pour réaliser sept paires de chaussures, par exemple, sachant que ces sept paires sont à l’image de ce que notre entreprise, une fois l’apogée atteinte, entend réaliser ? Vous voyez dès lors que les fonds réellement nécessaires sont insignifiants par rapport à ce qu’on aurait mis dans le papier présenté aux investisseurs. En outre, trouver ces fonds-là est beaucoup plus facile que de se faire financer à hauteur de millions de francs CFA. C’est cela bootstrapper.

Quelle que soit l’activité que vous entendez entreprendre, vous pouvez recourir au bootstrapping. De grandes entreprises ont commencé dans des chambres, des garages, des salons et même des cuisines. Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Mais très souvent, les jeunes entrepreneurs, au lieu de suivre ces voies-là, veulent commencer avec des locaux meublés et très bien équipés, alors qu’ils n’ont pas de quoi se permettre cela. Ils dépensent tout l’argent qu’ils possèdent dans l’achat de meubles qui ne leur serve à rien, sinon à montrer une image de gens qui se font de l’argent, alors qu’en réalité, tel n’est pas le cas. Ces dépenses-là sont inutiles. En gardant notre exemple de naguère, s’il nous faut réaliser des chaussures originales, ce dont on a réellement besoin sont : le matériel et/ou les outils (seulement le nécessaire), les matières, et la personne censée fabriquer ces chaussures. Avec cela, nous avons une entreprise. Nul besoin d’aller chercher un local, lorsque votre propre chambre peut servir de local, ou d’aller acheter une voiture pour le déplacement, lorsque vous pouvez trouver des moyens de locomotion à bas prix. Il faut savoir que le bootstrapping ne concerne que les nouveaux entrepreneurs, c’est-à-dire ceux qui commencent, et qui n’ont pas un grand capital. Ceux-là doivent savoir économiser, et utiliser ce qu’ils possèdent avec parcimonie. Il faut voir grand, mais commencer petit. Toutes les grandes entreprises dont on parle aujourd’hui ont commencé ainsi. En voulant à tout prix que la vôtre soit, dès sa naissance, une belle et grande boîte, vous vous condamnez à suivre la voie menant vers les banquiers et investisseurs, et à voir vos projets mourir avant de voir le jour, si vous n’avez pas la chance d’être accompagnés.

Comment trouver les fonds minimums ?

Bootstrapper ne signifie pas ne pas se faire financer. C’est, au contraire, se faire financer sans passer par la voie habituelle des banques et investisseurs. Maintenant que vous avez réduit vos fonds au strict nécessaire, il vous est plus facile de les trouver. Comment ? En recourant, soit au fundraising, soit au crowdfunding. Certaines personnes pensent que le fundraising ou la levée de fonds, n’est réservée qu’aux grandes boîtes, organisations ou associations. Non. Le fundrainsing peut se faire dans une école, dans une université, et même dans un quartier. S’il faut être intelligent, c’est aussi parce qu’il vous faudra trouver le meilleur moyen de réunir les gens susceptibles de vous accompagner, et les faire participer à votre projet. Il m’est arrivé, pour ma part, d’organiser une soirée cinéma dans mon quartier afin de lever des fonds pour l’achat d’une Playstation. J’avais seize ans et ne savais pas encore ce que c’était que le fundraising ou le bootstrapping. Mais cela avait marché. Il faut juste faire preuve de génie.

Il en est de même pour le crowdfunding ou la finance participative. A des jeunes auxquels j’expliquais le procédé du crowdfunding, j’avais donné cet exemple simple, que nous connaissons tous, pour l’avoir pratiqué, sans même savoir qu’il s’agissait là du crowdfunding. Dans notre quartier, lorsque nous avions un match de foot contre un autre quartier, nous demandions aux jeunes, joueurs ou non, de participer financièrement afin de réunir la somme nécessaire à la tenue du match. Chacun était libre de donner ce qu’il pouvait, sachant que lorsque vous donniez mille francs CFA, par exemple, vous gagniez soit deux mille francs CFA, soit mille et quelques. Dans tous les cas, vous faisiez du profit. Ce qui poussait ces jeunes à participer, était la confiance que nous, l’équipe, leur inspirions grâce à l’assurance dont nous faisions montre. La plupart du temps, nous gagnions nos matchs et tout le monde était content. Mais il nous arrivait également de perdre, et c’était tout le monde qui perdait. Cette méthode de financement était si populaire que même les filles du quartier venaient parfois participer financièrement. Lorsqu’elles mettaient leur argent, non seulement elles venaient assister aux matchs, mais elles faisaient en plus venir leurs amies, afin qu’elles nous encouragent avec de grands cris ; ce qui motivait l’équipe. C’est cela le crowdfunding. Ni plus, ni moins.

Le crowdfunding, c’est faire participer financièrement ou matériellement une communauté afin de réaliser un projet. Les rétributions pour chaque participant varient en fonction de l’accord convenu entre le porteur du projet et le participant. Certains voudront un exemplaire du produit, d’autres, un retour sur financement avec un intérêt, ou encore, leur nom cité à chaque fois qu’on parlera du produit. Ce qu’il y a d’intéressant dans le crowdfunding, c’est que les participants au projet, ne voulant pas qu’il échoue, n’auront d’autres choix que d’en faire la publicité autour d’eux, et d’inciter leurs connaissances à se procurer le produit ou payer pour l’activité. Pour l’entrepreneur, cela lui permet de faire d’une pierre deux coups car, non seulement il aura trouvé du financement, mais en plus, il aura également trouvé des clients potentiels et des communicants.

Dans le bootstrapping, le crowdfunding comme le fundraising peuvent être utilisés pour trouver du financement. Ce qu’il faut, c’est être intelligent, créatif, motivé, et savoir amener les potentiels participants à croire en votre projet. Les sommes données par chacun d’eux peuvent être infimes, mais en les réunissant, vous aurez atteint une somme conséquente, laquelle vous permettra de lancer votre produit ou votre activité, ce, sans passer par la voie du financement par la banque ou les investisseurs. Vos ressources premières sont votre intelligence et votre entourage ; voilà pourquoi il est important, en tant qu’entrepreneur, de se constituer un très bon réseau. Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir les réseaux sociaux où nous pouvons nous constituer une communauté importante. Il faut les utiliser, et surtout bien les utiliser. Désormais, vous n’avez aucune excuse pour ne pas démarrer votre entreprise ou lancer votre produit.

Ibuka Ndjoli a.k.a Marcus Da Writer

Entrepreneur Social – Auteur - Conférencier

CEO Da Promoter Agency & Les Littérateurs

Site web : www.dapromoter.com / http://leslitterateurs.wordpress.com

E-mail : marcusdawriter@gmail.com / leslitterateurs@gmail.com

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