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Le Blog de Marcus Da Writer

CES JEUNES ESPRITS BRILLANTS QUI S'EN VONT AILLEURS

1 Septembre 2014 , Rédigé par Da Writer Publié dans #Le mot de l'Observateur, #De moi à vous

CES JEUNES ESPRITS BRILLANTS QUI S'EN VONT AILLEURS

Je me souviens, il y a quelques années, lorsque je passais le concours d’entrée à Science Po Paris pour le programme Europe-Afrique, il m’a été posé, après que j’eusse répondu à toutes les questions relatives au concours, la question suivante : « pourquoi vouloir étudier à Science Po, et pourquoi pensez-vous être le candidat que nous recherchons ? » A cette question, je me souviens avoir répondu : « Je veux bénéficier de la meilleure des formations auprès des meilleurs professeurs de l’une des meilleures institutions qui soient, afin de revenir, une fois ma formation terminée, la mettre en pratique en Afrique et contribuer positivement au développement de mon continent. Je suis le candidat que vous recherchez car il vous serait difficile de trouver chez les autres une motivation aussi grande que celle qui m’habite. Ma volonté de réussir fait que j’apprends et assimile très vite, et le sérieux que je mets dans chacune des choses que j’entreprends me donnent un avantage certain sur mes pairs. En témoignent mes résultats scolaires. Je ne suis pas l’un des meilleurs candidats que vous trouverez, car je suis certain d’être le meilleur. »

Je me souviens encore des sourires qui s’étaient dessinés sur les visages de ceux qui me faisaient passer cette entrevue. A cette époque, j’étais jeune (20 ans), brillant, ambitieux, déterminé, obstiné, et surtout très audacieux, voire prétentieux. Mais ce que je n’étais pas, c’était visionnaire. Je ne voyais pas plus loin que le bout de mon nez. Je voulais intégrer Sciences Po Paris, non pas parce que c’était ce que j’avais toujours voulu, ni parce que j’avais été convaincu par la formation que cette institution proposait, mais parce qu’il s’agissait d’une prestigieuse école, où se trouvaient un bon nombre d’esprits brillants, et où j’étais certain d’apprendre des meilleurs, tout en frottant mon cerveau aux meilleurs de tous lieux. Je n’avais alors pas de véritable projet professionnel. Si j’en avais un, il m’était d’emprunt. Je comptais donc aller en France, intégrer une école, sans réellement savoir ce que j’allais y chercher, et sans réellement savoir pourquoi j’y allais. Je comptais aller en France parce que c’était ce que faisait la majorité, voire la totalité des jeunes esprits brillants africains. Heureusement, je n’ai finalement pas pu y aller pour des raisons financières. Cela m’a permis de faire une réelle introspection afin de définir mon projet d’avenir. Aujourd’hui, si je devais repasser cette entrevue, je pense que je serai celui qui poserait les questions. La première qui me vient à l’esprit est : « Pourquoi venez-vous en Afrique chercher des candidats pour Science Po, et pourquoi pensez-vous être l’école qui me convient ? »

Beaucoup de jeunes, brillants pour la plupart, arrivent à ce point de transition où ils ne savent pas réellement ce qu’ils veulent faire plus tard, mais sont face à une décision à prendre et qui va sérieusement impacter leur vie. Et là, beaucoup prennent la mauvaise décision en se basant sur les flatteries des uns, les conseils foireux des autres, la publicité excellemment faites des institutions occidentales, les rêves grandioses que font, pour eux, leurs géniteurs, mais jamais sur ce qu’eux-mêmes désirent dans leur for intérieur. Combien de jeunes peuvent dire avoir suivi la formation qu’ils avaient toujours voulu suivre ? Combien peuvent assurer faire en ce moment ce qu’ils aiment, et non ce que leur entourage veut qu’ils fassent ? Steve Jobs exhortait à faire confiance à son cœur et à son intuition, car, disait-il, l’un ou l’autre sait ce que l’on veut réellement. Aujourd’hui, l’on fait plus confiance aux publicités des prestigieuses institutions étrangères, desquelles l’on peut se targuer, plus tard, d’être sorti. Je me désole de voir certains politiciens africains se frapper le torse en scandant qu’ils sont sortis de telle université ou telle école prestigieuse étrangère. Je me désole car je comprends, par ces dires, que ces gens-là ne savaient pas ce qu’ils faisaient, ni pourquoi ils étaient partis étudier là-bas, loin de chez eux. Ils n’avaient pas, comme moi à 20 ans, de véritable projet professionnel. Il n’y a aucun mérite à cela. Lorsque les africains le comprendront, ils s’enorgueilliront certainement moins. Je suis curieux de connaître les questions que l’on pose aux jeunes occidentaux qui viennent étudier dans les universités ou écoles africaines. Ne sommes-nous pas plutôt heureux, voire fiers, de les y accueillir ? Pourquoi acceptons-nous donc le contraire lorsqu’il s’agit de jeunes esprits brillants africains ? Car, il n’y a pratiquement que les meilleurs qu’on envoie étudier à l'étranger. Les autres, eux, restent dans l’enfer africain. Un jour, après avoir échangé avec un homme assez âgé, il m’a dit : « Un esprit comme le tien ne devrait pas rester en Afrique. Pourquoi ne vas-tu pas étudier en Europe ? » Et j’ai souri. Le pauvre, il n’avait rien compris. Le pire c’est qu’ils sont nombreux ces gens qui n’ont rien compris.

Je me souviens de la fois où j’annonçais à l’un de mes oncles que j’allais étudier en Belgique. Il m’avait regardé pendant un long moment avec un air triste, désolé, comme si je lui annonçais là une mauvaise nouvelle. Avant de me féliciter – maintenant que j’en parle, je me rends compte qu’il ne l’a jamais fait –, il m’a demandé si c’était vraiment ce que je voulais faire. Et moi, avec mon enthousiasme, mon optimisme et ma naïveté d’antan, je lui avais répondu que oui. C’était un mensonge. Ce que je voulais faire, c’était sortir d’Afrique, aller ailleurs, là où l’on m’avait dit que l’herbe était plus verte. Le pays importait peu, tant que je quittais l’enfer africain. Je revois encore le regard de cet oncle qui n’avait jamais cessé de me dire, par le passé, à quel point j’étais brillant. Il avait l’air déçu. Il le cachait bien, mais j’avais quand même pu le voir. Et moi, j'avais mis cela sur le compte de la séparation qu’un tel départ imposait. Mais ce n’était pas cela. Il était triste de me voir partir. Il était désolé de voir qu’un autre esprit brillant quittait le continent pour aller ailleurs. Pour lui, c’était une autre perte pour l’Afrique. Ce n’est que plus tard, lorsque je rentrerai au bercail, qu’il me l’avouera. Dans Amkoullel, l’enfant Peul, Amadou Hampaté Bâ écrit : « Quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». De même, quand un jeune esprit brillant s’en va ailleurs, c’est un soldat en moins pour le continent. Reviendra-t-il en africain, ou plutôt en peau noire et masque blanc ? Car, il faut avouer que la majorité des jeunes africains à être allés étudier en Occident ont subi ce qu’Anna Freud a appelé la rétractation du moi. Pour se faire accepter, il leur a fallu s’intégrer, assimiler le monde et le mode occidental. Et cela supposait un rejet, même involontaire, de ce qu’ils étaient. Nos jeunes esprits brillants reviennent-ils toujours en africains ?

Cette question, je me la pose chaque fois que j’échange avec l’un de ces jeunes esprits brillants. Le fait d’être trop restés dans l’autre monde a fait d’eux des esprits pensant, certes, mais pensant de la manière occidentale. Il est vrai que leurs discours sont fondés, comme le sont ceux des occidentaux, même celui d’Adolf Hitler, à bien y voir ; mais à qui profitent-ils ? A trop être restés là-bas, à trop avoir appris les choses de là-bas, ils ont beaucoup perdu d’ici. Je me désole de voir que certains de ces jeunes ne pensent plus par eux-mêmes, mais plutôt par les lectures faites, les enseignements reçus, et les dires entendus, auxquels ils donnent plus de légitimité qu’aux paroles d’un africain qui pense différemment. Ce détachement, cet esprit critique qui doit habiter l’intellectuel – celui pensé par l’Occident –, et qui doit l’amener à ne point se limiter à répéter aveuglement ce qu’il a avalé, mais à penser par lui-même ; ce détachement, on ne le trouve presque plus chez ces jeunes africains. Certains vont même jusqu’à répugner l’Afrique et ses nombreux problèmes, car c’est ce qu’on leur fait voir dans l’autre monde. Ce qu’ils pouvaient accepter, cautionner, les choses avec lesquelles ils pouvaient, jadis, vivre, ils ne le peuvent plus. Ils sont devenus supérieurs aux africains qu’ils avaient laissés. Bah oui ! Ils sont quand même sortis d’une prestigieuse école occidentale ! Ces jeunes en ont facilement marre de l’Afrique et de ses réalités. Et si vous les acculer un peu trop, si vous les énervez un peu trop, ils menacent de rentrer chez eux, oui, là-bas, où ils étaient autrefois partis avec l’intention de revenir contribuer au développement de leur continent. Lorsqu’on part sans un solide projet auquel se raccrocher en cas de bourrasque, on finit toujours par prendre le projet que l’on nous fourgue. Aujourd’hui, contribuer au développement de l’Afrique est relégué au second plan. Que dis-je ? Pour l’Afrique, on verra. Il y a plus important. Et puis, il ne faut pas négliger les condamnations que l’on ne cesse de faire depuis là-bas. C’est contribuer que condamner, pas vrai ? Mais pour ce qui est de mettre sa main à la patte, bon, ça, on verra !

Aujourd’hui, j’ai le même regard que mon oncle il y a quatre ans. Je suis triste lorsque je vois les jeunes esprits brillants aller chercher le savoir ailleurs. Ils vont tous avec le même projet : revenir contribuer au développement de l’Afrique. Mais une fois là-bas, la donne change. Pas si facile que ça de se sacrifier pour l’Afrique. Et d’ailleurs, pourquoi se sacrifier pour elle ? En Occident, la vie n’est pas meilleure, mais on préfère mieux être là-bas parce que, il faut le dire, c’est plus valorisant. Qui vous regardera si vous dites être diplômés d’une institution africaine ? Pas étonnant qu’Idrissa Seck ait choisi de dire qu’il est sorti d’une université américaine ; c’est beaucoup plus valorisant tout de même ! Chaque fois que je vois ces jeunes esprits brillants à qui l’on offre des bourses pour aller étudier en Occident, je vois un soldat en moins. Le combat devient de plus en plus difficile lorsqu’on n’a pas les meilleurs soldats avec soi. Oui, dit-on, ils vont apprendre la technique de l’autre pour l’enseigner ou l’appliquer ici, mais quand le feront-ils ? Pendant ce temps-là, nous souffrons.

Je tiens pour responsables les dirigeants africains. S’ils avaient eux aussi créé des institutions prestigieuses, les jeunes esprits brillants n’auraient pas à aller étudier ailleurs, là où ils sont parfois persécutés, tués même. S’il existait chez nous de respectables écoles, les meilleurs élèves et étudiants des autres pays et continents viendraient passer des entrevues pour y être acceptés. Et à la question de savoir pourquoi tiennent-ils à intégrer ces institutions, ils répondraient : « Parce que nous voulons bénéficier de la meilleure formation auprès des meilleurs professeurs de l’une des meilleures institutions qui soient, afin de revenir, une fois notre formation terminée, les mettre en pratique dans nos pays et contribuer positivement au développement de nos continents. »

J’ai un profond respect, et je voue une très sincère admiration à monsieur Amadou Diaw, président du Groupe ISM, qui a eu la brillante idée de créer l’Institut Supérieur de Management (ISM). J’ai autant de respect et d’admiration pour monsieur Moustapha Guirassy, président du Groupe IAM, qui, également, a eu la brillante idée de créer l’Institut Africain de Management (IAM). Si seulement il existait plus d’africains comme eux ! J’espère un jour m’inscrire dans leur sillage, créer à mon tour une prestigieuse école afin que les jeunes esprits brillants d’Afrique n’aient pas à aller ailleurs chercher ce qu’ils peuvent trouver chez eux. Parce que, somme toute, notre problème, c’est que nous n’arrivons toujours pas à assumer l’Afrique.

Da Writer.

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millia 23/01/2016 19:11

Bonsoir chèrs frères et soeurs

Je m'apelle millia Durayir

Je fais ses témoignages pour témoigner la compétence d'un vieux vraiment formidable.

Je vous assure que j'ai eu à contacter plusieurs marabouts qui sont rien que des faux , des menteurs, des escros je ne sais plus quoi les qualifiés mais suite aux plusieurs recherches je suis tomber sur ce vieux qui m'a vraiment redonner le bonheur , le bonheur que je recherche depuis tant d'années il est vraiment formidable je souffrais d'une rupture avec mon mari il m'a quitté cela à fait 1 an 1 mois et mème au boulot j'ai perdu le travail mon père était gravement malade mais dans un interval de 3 jours je vous rassure que j'ai eu des miracles dans ma vie grace à ce vieux aujourd'hui je vis bien avec mon mari , mon père est guérit, on m'a rapellé au boulot et j'ai mème reffuser mais actuellement je suis dans un autre service qui est mieux que l'autre vraiment je ne sais pas comment remercié ce vieux il m'a travailler sans me prendre un euro j'ai d'abord eu la satisfaction avant de le récompenser vraiment il est très bon ce vieux . Alors vous qui souffrez de n'importe que problème , vous qui avez n'importe des soucis ne vous faites plus de souci contacté directement ce pas son adresse: abram.marabout@yahoo.fr