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Le Blog de Marcus Da Writer

ÉDUCATION : L’ECHEC DES MAITRES, MAITRESSES ET PROFESSEURS

18 Octobre 2014 , Rédigé par Da Writer Publié dans #De L'Education

ÉDUCATION : L’ECHEC DES MAITRES, MAITRESSES ET PROFESSEURS

Depuis 2010, je me suis pris de passion pour la question de l’Education en Afrique, laquelle me préoccupe énormémement. L’exemple que je connais le mieux reste celui du Sénégal, pour y avoir passé une bonne partie de mon cursus, mais j’ai également eu la chance d’étudier, ou de discuter avec des gens qui ont étudié, dans d’autres pays d’Afrique. Je prends donc un certain plaisir à m’informer quotidiennement, afin de savoir si, depuis 2010, on note une amélioration. Force est de reconnaître que non. En effet, depuis 2010, voire bien avant, on constate une perte de l’intérêt des jeunes pour les études, laquelle est traduite par les résultats catastrophiques que nous cessons de relever, années après années, et ce, après tous les examens : CFEE, BFEM (ou BEPC) et BAC. Etant plutôt porté sur le pragmatisme, je pensais que les gens derrière le Système Educatif, notamment le Ministère de l’Education, les maitres, maitresses et professeurs, ainsi que les parents, les élèves et étudiants, verraient la nécessité de s’asseoir en vue de trouver, en premier lieu, l’origine du problème, ensuite, la solution. Mais apparemment, cela n’est pas vraiment notre souci. Ce qui nous inquiète, c’est le sort de la bourse des étudiants, le pourcentage d’enfants scolarisés, afin de satisfaire l’UNESCO et, bien entendu, la construction de nouvelles écoles et universités, preuve du savoir qui nous caractérise. Mais le cœur même du problème, on ne le touche pas. Or, le cœur du problème, c’est justement notre Système Educatif.

Je tentais dernièrement, dans un billet intitulé : POURQUOI SUIS-JE CONTRE LE SYSTEME EDUCATIF SENEGALAIS ? de montrer l’échec du Système Educatif actuel, en concluant sur la nécessité d’une révolution de ce système afin de mettre en place un système plus adapté à nos réalités et qui répondrait plus efficacement aux attentes des élèves et étudiants ; car, c’est bien de cela qu’il s’agit. L’éducation, c’est pour eux : les élèves et étudiants. Les professeurs ne sont que des passerelles, des ponts entre ces jeunes et leur avenir. Les parents, les financeurs. Et le gouvernement, le fouteur de troubles par excellence. Sinon, les premiers concernés par l’Education, les véritables concernés, ce sont les élèves et les étudiants. C’est de l’impact de l’Education sur eux qu’il est en vérité question. S’il faut donc révolutionner le système éducatif actuel, c’est pour qu’il s’adapte aux attentes de ces élèves et étudiants. Cela doit commencer par une série de questions toutes simples : 1) De quoi ont besoin les élèves et étudiants ? 2) Pourquoi vont-ils à l’école et à l’Université ? 3) Ce que nous leur donnons, correspond-il à ce dont ils ont besoin ? 4) Si non, que leur faut-il pour obtenir ce dont ils ont besoin ?

Voilà les questions que le gouvernement, les parents et les professeurs devraient se poser. Bien entendu, répondre à ces questions suppose que l’on connaisse un tant soit peu nos sujets, en l’occurrence les élèves et étudiants. Car, comment saurait-on ce dont ils ont besoin si on ne les connait pas ? Or, pour les connaître, il faut les approcher ; ce qui équivaut à les impliquer dans la recherche de solutions. Malheureusement, ce que font les gouvernements, c’est la démarche inverse. Ils imposent ce qu’ils pensent être ce dont ont besoin les élèves et étudiants, et s’attendent à ce que ceux-ci répondent favorablement, que les résultats s’améliorent. Ils pensent que ces élèves et étudiants sont comme l’Economie ou quelque autre système, qu’ils peuvent à loisir modifier la croissance, en se basant sur des supputations, pour obtenir les résultats escomptés. Mais ça ne marche pas comme ça ! L’Education est un système humain. On ne peut pas, en se basant sur des théories, faire grimper le nombre de réussites. On ne manipule pas le système éducatif comme on manipule le système économique. Il ne s’agit pas ici de chiffres, mais de personnes, d’êtres humains. Il faut donc changer de paradigme, sinon rien ne changera. Et pour ce faire, il faut abandonner les certitudes venues avec le système éducatif d’emprunt, pour penser un nouveau système plus en phase avec les réalités du pays et les véritables besoins des principaux concernés, c’est-à-dire les élèves et étudiants.

L’ECHEC DES MAITRES, MAITRESSES & PROFESSEURS

Certes, lorsqu’on parle de l’échec du système éducatif actuel, tous les acteurs sont fautifs, partant du gouvernement jusqu’aux élèves et étudiants, en passant par les parents. Mais ceux que je prends pour premiers responsables de cet échec, ce sont les maitres, maitresses et professeurs. Pourquoi ? Ces hommes et femmes sont ceux par qui l’Education devrait être transmise. Mais en les observant, ce qu’on note, c’est que ces gens ne savent même pas ce qu’est leur rôle. Nous parlons tous d’Education ; ce mot est sur toutes les langues ; l’on dit tous que l’Education a un problème, alors que le véritable problème est un problème d’apprentissage. Sans l’apprentissage, il n’y a pas d’éducation, car le rôle de l’éducation est d’amener les gens, les élèves et étudiants, à apprendre. Le rôle des maîtres, maitresses et professeurs est tout simple : faciliter l’apprentissage. On ne leur demande que cela, mais nombre d’entre eux échouent lamentablement. Ce qu’on ne voit pas, c’est que beaucoup parmi ces gens ne sont pas de véritables maitres, maitresses et professeurs. Ils pratiquent l’enseignement, mais n’enseignent et n’éduquent pas. Comment est-ce possible ? Eh bien, on peut être engagé dans l’exécution d’une activité, sans pour autant réellement accomplir cette activité, c’est-à-dire atteindre l’objectif escompté. Si le rôle des maitres, maitresses et professeurs est de faciliter l’apprentissage, et non pas transmettre un quelconque savoir, il nous faut reconnaître que les nôtres ont échoué.

Le désintérêt que l’on constate aujourd’hui des élèves et étudiants pour les études est dû à une seule chose : l’inutilité des études. Les gens vont à l’école non plus par envie, mais parce qu’ils n’ont pas le choix ; parce qu’on leur a dit qu’il leur faut un diplôme pour avoir, peut-être, la chance d’obtenir un emploi. Si ce n’était pas pour cette raison, les gens n’iraient pas à l’école ni à l’université, car, il faut le dire, les études sont chiantes, incroyablement ennuyeuses pour la plupart. L’on prend des gens qui avaient déjà un talent, un potentiel, et qui ne voulaient qu’exploiter celui-ci, s’améliorer, et l’on fait d’eux des zombies, des scientifiques, des littéraires ou des gestionnaires, comme si ce sont les seules choses dont ont besoin tous les élèves et étudiants.

Les maitres, maitresses et professeurs ont échoué surtout dans le processus de détection du véritable potentiel, du véritable talent des élèves et étudiants qui leur ont été confiés. Ne sachant pas lire en eux, ils les contraignent à suivre des voies où ces derniers ne se reconnaissent pas, sous prétextes que les enfants ne savent pas ce qu’ils veulent, et qu’il faut impérativement les guider. Je crois que c’est aussi ce que les colons disaient au sujet des africains. C’est toujours sous couvert d’une bonne action que se font les pires choses. Comment un bébé arrive-t-il donc à refuser une chose qu’il ne veut pas manger, et à en accepter une autre, puisqu’il est incapable de choisir ? S’ils devaient être toujours guidés, comment arrivent-ils, alors qu’ils ne savent pas encore parler, à se diriger vers une chose précise, ou encore à refuser d’aller chez des gens qu’ils ne connaissent pas ? N’est-ce pas parce qu’ils savent ce qu’ils veulent et ce qu’ils ne veulent pas ?

A-t-on essayé de réfléchir sur les manifestations d’un talent chez un individu, ce qu’on appelle aussi une passion ? Comment explique-t-on qu’un enfant, bien qu’il soit interdit de pratiquer une certaine chose, continue de le faire, parfois en se cachant de ceux qui l’interdisent de faire cette chose ? Comment expliquer cet attrait-là ? Après cela, peut-on encore dire que les enfants ne savent pas ce qu’ils veulent, et qu’on doit les conduire vers ce qu’il leur faut ? Ne doit-on pas plutôt croire qu’ils savent déjà ce qu’ils veulent, et ont tout simplement besoin qu’on les accompagne vers cela ?

L’on me parlera évidemment de ces étudiants qui disent être perdus, qui disent ne pas savoir ce qu’ils doivent faire ou veulent faire plus tard. Comment pourrait-ce être autrement, lorsque tout leur parcours durant, on leur a habitués à taire leurs choix, qui étaient toujours irréfléchis, toujours mauvais, pour les obliger à ne suivre que la voie qui leur a été imposée ? A combien de jeunes a-t-on dit : « Arrête de perdre ton temps en chantant, parce que tu ne seras jamais chanteuse ? » ou encore « Concentre-toi sur tes études, au lieu de perdre ton temps avec le football, alors que tu ne seras jamais footballer » ? Quelle a été la conséquence de cela ? Une perte de confiance en eux, en leurs propres capacités, et en leurs facultés innées de choisir ce qui est bon pour eux. Pas étonnant que ces enfants, une fois grands, ne sachent plus se diriger. L’éducation a tué leur talent, leur créativité, leur faculté de penser, de réfléchir, d’imaginer, et de décider. On a fait d’eux des zombies, des robots qui ne doivent que remplir des cases afin d’obtenir ce qu’on appelle un « boulot respectable ». Pour le bonheur de qui ? Des parents et du gouvernement, bien entendu.

Les maitres, maitresses et professeurs sont les premiers à dire aux parents que leur enfant est distrait en classe, qu’il souffre sans doute d’un trouble de l’attention, ou qu’il n’a pas le niveau. Mais comment pourrait-il être concentré, lorsqu’il veut être dessinateur et que vous voulez à tout prix en faire un médecin, ou qu’elle veut être danseuse et que vous voulez à tout prix en faire une avocate ! Ce n’est pas étonnant que cet enfant soit distrait. Il est clair qu’un tel enfant ne souffre d’aucun trouble de l’attention ; il n’est juste pas intéressé par les cours ennuyeux qu’on veut à tout prix faire entrer dans sa tête. Comment pourrait-il avoir le niveau, alors que cette discipline ne l’intéresse absolument pas ? Mettez-le dans la filière qui l’intéresse et regardez s’il n’aura pas le niveau !

Je terminerai, malgré moi, ce billet en racontant une anecdote intéressante. Il y avait une enfant répondant au nom de Gillian Lynne. Gillian ne pouvait pas rester en place en classe. Pendant que ses camarades écoutaient religieusement le cours, Gillian était distraite. Ses pieds ne cessaient de bouger comme si elle avait la bougeotte. Après de multiples avertissements et plaintes auprès de ses parents, la mère de Gillian décida d’aller voir un spécialiste. Une fois chez le docteur, la mère de Gillian expliqua le problème de sa fille, espérant que le docteur lui donnerait un médicament pour la rendre « normale ». Le docteur, qui était un homme sage, après avoir écouté la mère de Gillian, dit à la petite qu’il devait s’entretenir seul à seul avec sa mère. Ainsi, le docteur et la mère de Gillian quittèrent la pièce. Mais avant de s’en aller, le docteur mit en marche la radio, et, une fois à l’extérieur, demanda à la mère de Gillian de regarder sa fille. La petite était en train de danser. Et là, le docteur dit à la mère de Gillian : « Votre fille n’a aucun problème ; elle est juste une danseuse. Inscrivez-la dans une école de danse, et tout ira bien. » C’est ainsi que Gillian est devenue une très grande danseuse reconnue mondialement. Vous pouvez voir son histoire sur Wikipedia. Posez-vous cette question : qu’aurait été Gillian si ce docteur n’avait pas eu le discernement que n’avaient pas eu ses professeurs, et lui avait administrée un médicament pour la calmer, afin qu’elle soit plus attentive ?

Marcus Ibuka Ndjoli
CEO Da Promoter Agency
Author - Coach – Consultant
Social Entrepreneur – Speaker
Twitter : @marcusdawriter - #DaWriter
www.dapromoter.com/marcusdawriter.html

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