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Le Blog de Marcus Da Writer

ENTREPRENEURIAT : COMMENT COMBINER TALENT, PASSION ET REUSSITE ?

30 Octobre 2014 , Rédigé par Da Writer Publié dans #De l'Entrepreneuriat, #De moi à vous

ENTREPRENEURIAT : COMMENT COMBINER TALENT, PASSION ET REUSSITE ?

Voyant toutes les publications que je fais dernièrement sur mes comptes Facebook, Twitter, Instagram et LinkedIn, un ami, que j’avais perdu de vue, m’a écrit essentiellement pour me demander si j’avais laissé l’entrepreneuriat pour me consacrer à l’écriture. J’ai compris à sa question qu’il avait une certaine opinion de l’entrepreneuriat et de l’entrepreneur, laquelle opinion est hélas partagée par nombre de gens. Beaucoup pensent en effet l’entrepreneuriat comme une activité à part entière, essentiellement basée sur le gain financier. Ainsi, pour ces gens, ne sont entrepreneurs que ceux qui sont actifs dans le monde du business ; ceux qui ont un bureau et des employés ; et enfin ceux qui ont créé quelque chose d’inexistant (innovateurs). Les autres, quelle que soit leur activité, tant qu’ils ne rentrent pas dans ce canevas, ne sont pas entrepreneurs. Voilà pourquoi si un auteur-écrivain, ou un athlète, ou un professeur particulier venait dire par exemple qu’il est entrepreneur, l’on croirait que c’est une blague et l’on rirait, tout simplement parce que l’on s’est créé un mythe de l’entrepreneur, une image à laquelle l’on se raccroche, et qui nous permet de dire qui est entrepreneur et qui ne l’est pas. En ce qui me concerne, je suis un entrepreneur vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, ce, même lorsque, comme présentement, je me focalise beaucoup plus sur mon côté auteur passionné d’écriture. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’entrepreneuriat est lié à l’action et la prise d’initiative. Votre toute première entreprise, c’est vous-mêmes.

Afin de mieux vous faire comprendre mon propos, et vous montrer une nouvelle facette de l’entrepreneur, je vais prendre des exemples tirés de ma propre expérience pour étayer mes dires.

ENTREPRENEURIAT : COMMENT COMBINER TALENT, PASSION ET REUSSITE ?

ENTREPRENEURIAT ET TALENT

Pour être un entrepreneur, selon moi, avoir un talent et le reconnaître est un must. C’est un incontournable. Tous les entrepreneurs à succès que nous connaissons se sont lancés parce qu’ils étaient certains d’avoir un talent, peut-être pas le genre de talent conventionnel (savoir chanter, danser, faire des trucs extraordinaires avec son corps etc.) comme on en voit aujourd’hui, mais un talent tout de même, pour le business par exemple, les négociations, la persuasion ou juste la relation avec les clients. Ce sont ces talents-là qui font les entrepreneurs. Sans eux, ils ne sont que de simples êtres humains comme n’importe lequel des 7 milliards de personnes qui peuplent la terre. Il est donc important que l’entrepreneur découvre son talent, c’est-à-dire ce pour quoi il est doué, et qu’ensuite il parvienne à le reconnaître, c’est-à-dire pouvoir dire : « Dans ce domaine, je suis excellent. » Peu importe qu’il le soit réellement ou pas, du moment qu’il le dit en y croyant de tout son cœur, c’est tout ce qui compte. Muhammad Ali ne cessait de répéter qu’il était le meilleur, jusqu’à ce qu’il soit sacré le meilleur par les autres. Pourtant, pas sûr qu’il fût réellement le meilleur en son temps ; mais, contrairement aux autres, il avait le courage de le dire et il croyait en ce qu’il disait. Avant de commencer une quelconque entreprise, il faut se poser cette question : pourquoi suis-je la personne qu’il faut pour faire ce que je veux faire ? Si votre réponse n’est pas : « parce qu’il n’y a que moi qui puisse le faire aussi bien », alors vous n’irez pas très loin. C’est d’ailleurs cela qui motive mon slogan : OSE TON TALENT.

Lorsqu’on ose son talent, ce n’est pas caché dans sa chambre, là où personne ne peut nous voir, qu’on le fait. Oser son talent, c’est le révéler au monde. C’est dire implicitement, par nos gestes quotidiens, qu’on est le meilleur dans ce qu’on fait. Que croyez-vous qui pousse les chanteurs et chanteuses à prendre le micro devant un public ? Et les écrivains qui osent proposer leurs écrits à des lecteurs qui ne les ont peut-être jamais vus ? Et les réalisateurs qui vont jusqu’à montrer leurs réalisations au public, sachant à quel point celui-ci est intransigeant ? S’ils le font, c’est parce qu’ils se disent être les personnes idéales pour le faire ; c’est parce qu’ils se disent avoir le talent requis pour mener à bien cette activité-là. Un réalisateur, même très doué dans son domaine, ne prendra pas le risque d’aller chanter devant un public. De même, un chanteur talentueux n’osera pas se lancer dans la réalisation d’un film si cela n’est pas pour lui une passion, s’il n’est pas certain de produire la meilleure chose jamais produite. C’est ainsi que pensent tous les créateurs. Lorsque Apple sort un produit, c’est parce qu’il se dit que c’est le meilleur produit qui soit, et non pas juste un produit pas trop mal. Les gens s’en foutent que vous soyez bon ; ils veulent que vous soyez excellent, exceptionnel. Sans l’assurance d’avoir un talent, vous ne le serez jamais, car la pression sera trop énorme.

La voilà donc la raison pour laquelle j’écris, et surtout que j’écris autant. Je sais que les longs textes sont barbants pour certains non habitués à lire autant ; mais c’est plus fort que moi, comme cela l’a sans doute été pour Martin Scorsese lorsqu’il réalisait Le Loup de Wall Street. Le film fait quand même 2 heures 59 minutes ! Vous imaginez les gens s’asseoir pendant 2 heures 59 minutes pour regarder un film ? Il faudrait que celui-ci soit une réussite. Et pour que cela soit une réussite, il faudrait que le réalisateur soit talentueux. Lorsqu’on est passionné par ce qu’on fait, on ne voit pas le temps passer. Et ce qu’on fait n’est jamais assez. Je le vois par exemple chez mon petit-frère qui, passionné de football depuis son enfance, trouve encore du temps pour jouer avec ses amis du quartier, après un dur entrainement dans son club. Lorsqu’on lui demande s’il ne se fatigue jamais, il nous rétorque : « pourquoi je me fatiguerais ? » Cela pour dire qu’on ne peut pas contenir la passion, et il ne faut même pas essayer de le faire. Notez donc que je suis passionné par ce que je fais : écrire, entreprendre, parler de l’entrepreneuriat, du développement personnel, du leadership, des jeunes talents, etc. Je suis passionné par ces choses, et la seule manière pour moi de n’en lâcher aucune, c’est de les combiner dans mes réalisations. On en vient donc à mon nouveau livre : LES HISTOIRES DE VOS VIES.

ENTREPRENEURIAT : COMMENT COMBINER TALENT, PASSION ET REUSSITE ?

ENTREPRENEURIAT ET PASSION

Afin que vous compreniez l’aspect entrepreneurial de cette nouvelle aventure – c’est ainsi que j’appelle tous mes challenges – l’on va appeler ce nouveau livre « le produit ».

Comme toute entreprise, c’est parti d’une idée. Cela faisait longtemps déjà que de nombreuses gens venaient solliciter mes avis, me parler de leurs histoires, parce qu’ils trouvaient que je savais écouter et que j’étais de bons conseils. Tous ces récits m’avaient fait réaliser une chose : beaucoup de gens souffrent en silence, par peur d’être jugés ou incompris s’ils osent crier leur mal. J’étais moi-même l’une de ces personnes, car j’avais des choses dont je n’osais parler, par crainte de ne pas être compris, ou de voir cela être banalisé par les autres. Or, l’on ne guérit pas une plaie en la cachant. Cela, je l’ai appris à mes dépens. Il m’a fallu plus d’un mois d’internement pour que j’arrive à cette conclusion. Voir d’autres personnes parler du même problème, m’a fait comprendre que je n’étais pas seul, et que, tout comme moi, de nombreuses personnes avaient des vies atypiques, des parcours parsemés de difficultés, et que ces personnes devaient se dépatouiller pour demeurer fortes, ou, dans les pires des cas, se laisser abattre. Plus d’une fois une personne m’a parlé de son intention de se suicider pour échapper aux difficultés qui devenaient insupportables. C’est ainsi qu’a germé cette idée.

J’étais certain que les personnes qui venaient me raconter leurs problèmes, leurs histoires, n’étaient qu’une infime partie comparée à ceux qui n’en parlaient jamais, et qui se croyaient seuls dans leurs souffrances. Je m’étais moi-même très souvent cru seul, incompris, au point de préférer la solitude à la compagnie des gens. Mais les histoires de ces gens m’ont permis de réaliser deux choses : premièrement, ce que ce que je vivais n’était pas si grave, car il y avait pire ; et deuxièmement, je n’étais pas seul comme je le pensais, car de nombreuses gens vivaient ce que je vivais, avaient les mêmes sentiments que moi et, parfois, se posaient les mêmes questions. Si j’avais été un réalisateur ou un chanteur, j’aurais pensé à un film ou une chanson ; mais étant un auteur, c’est à un livre que j’ai pensé ; un livre qui renfermerait certaines de ces histoires, afin d’amener ceux qui n’ont pas l’occasion de parler de leurs problèmes, à relativiser, et réaliser qu’ils ne sont pas seuls, et surtout qu’il y a toujours une issue, quel que soit le problème. Voilà donc comment est née l’idée du produit.

ENTREPRENEURIAT : COMMENT COMBINER TALENT, PASSION ET REUSSITE ?

La première étape réussie, il me fallait valider l’idée, c’est-à-dire m’assurer qu’elle serait appréciée des consommateurs (lecteurs), avant de me lancer dans son développement. Personne n’achète un produit qui ne lui apporte rien. Voilà pourquoi il est important de tester son offre et voir s’il y a des retours positifs. Pour ce faire, j’ai utilisé mon réseau. J’ai la chance d’être suivi par de nombreuses personnes, parmi lesquels des gens très objectifs. J’ai donc parlé de l’idée afin de voir si j’aurais des retours positifs. Heureusement, toutes les personnes auxquelles j’ai parlé de cette idée se sont montrées intéressées, car c’est dans la nature de l’homme de vouloir savoir ce que vit l’autre, afin de se comparer à lui, et voir s’il peut se considérer chanceux ou pas. L’autre est notre miroir. Mais parfois ce miroir nous renvoie notre vraie image, et à ce moment, on préfère détourner le regard.

Lorsque je disais que j’allais bientôt sortir un livre qui renfermerait des histoires vraies, je n’avais pas encore écrit une seule ligne. Je n’avais même pas encore songé au titre du livre. C’est le feedback positif qui a décidé mon action. J’ai écrit ce livre en moins d’un mois. J’avais déjà les différentes histoires dans ma tête, il ne me fallait que quelques précisions des personnes concernées afin d’améliorer le produit. Et j’ai passé des jours et des nuits sur le développement de ce produit. Je le voulais magnifique, différent, et surtout poignant de vérités. Ce sont 211 pages en format 15x21cm que j’ai écrit et relu 11 fois depuis l’annonce du livre, jusqu’à ce jour. Vous imaginez un peu toute la difficulté que ce peut-être un tel travail ? Déjà que c’est difficile de relire sa propre dissertation, imaginez ce que c’est de relire son propre livre, et onze fois je vous prie. Mais c’est aussi cela le travail de l’entrepreneur. Il peaufine son produit pour que celui-ci satisfasse les consommateurs. Il y passe jours et nuits. Il sait qu’il aura tout le temps pour se reposer lorsqu’il celui-ci sera fini. Alors, ce sont des nuits entières qu’il sacrifie, parfois sans mettre un seul morceau dans la bouche, parce qu’il est trop préoccupé pour éprouver la faim. Les gens autour de lui ne le comprennent pas, parce qu’il est soudainement devenu asocial. On ne le voit plus qu’enfermé en train de développer son produit. Il s’est presque déconnecté du monde.

C’est par ces étapes-là que je suis passé pour l’écriture de ce livre. Mais je l’ai fait avec le sourire, parce qu’avant tout, c’est une passion qu’écrire. Et rien que d’imaginer le produit fini entre les mains des consommateurs, j’en étais heureux, et cela m’enhardissait davantage. J’explorais une nouvelle facette de l’écriture. Je n’étais plus seulement un auteur, mais j’étais devenu une sorte de nègre, ce que les anglais appellent ghost-writer. J’étais la voix des sans voix, ou des voix trop apeurée pour s’élever.
Pendant cette période de développement de son produit, l’entrepreneur n’est pas toujours soutenu. Bien au contraire, on essaye de l’arracher à son activité en l’invitant à se distraire, se changer les idées, faire la fête. Le problème c’est qu’une fois lancé, l’entrepreneur n’a plus la tête à autre chose. Il pense 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 à son produit, aux nouvelles choses à ajouter ou y retrancher. Vous retrouverez cela chez tous les entrepreneurs sans exception. Si votre idée ne vous happe pas au point de vous déconnecter du monde, demandez-vous si vous avez vraiment envie de faire ce que vous faites.

Une fois le produit terminé, vient l’étape la plus difficile qui est celle de la vente. Pour vendre, il faut déjà produire en quantité son produit. Or, cela nécessite de l’argent, et pas qu’un peu. Ceux qui croient que le monde de l’édition est facile, qui disent « ce livre est trop cher », vous ne savez pas de quoi vous parlez. Vous n’avez aucune idée de toute la difficulté que c’est de produire un bon livre, de le faire connaître et amener les gens à l’acheter. Tout ce que vous avez appris, que ce soit à l’université ou grâce à vos expériences, sera utile dans cette étape. Vous penserez levée de fonds, stratégies marketing et communication, service après-vente et toutes ces choses dont a besoin l’entrepreneur traditionnel.

Habituellement, ce que font les auteurs (entrepreneurs-écrivains) à ce stade, c’est confier leur produit à une boite plus qualifiée pour sa production, telles que les grandes marquent le font en envoyant le prototype de leur produit en Chine afin qu’il soit produit en quantité. Pour ce faire, les entrepreneurs traditionnels recourent au fundraising, la levée de fonds. Ils sont soutenus par des investisseurs qui croient en leur projet et y voient leur intérêt. Sauf qu’avec les auteurs, c’est un tantinet différent. Une fois que vous travaillez avec un éditeur (investisseur), vous n’avez droit qu’à un faible pourcentage sur votre propre produit. Pour les auteurs inconnus, c’est 10%. Vous imaginez tout le travail abattu, tous les sacrifices consentis, pour ne gagner au final que 10% sur votre produit ? Hélas, c’est ce à quoi se résignent nombre d’auteurs, mais aussi d’entrepreneurs lorsqu’ils empruntent à la banque ou qu’ils rencontrent des investisseurs plus véreux qui, ayant désormais des parts dans le projet, peuvent décider de lui donner une orientation contraire à celle qu’ils avaient pensé au départ. Pour ces investisseurs, ce n’est pas une question de passion, d’action humanitaire, ou d’entrepreneuriat social. Ils veulent des chiffres et sont prêts à tout pour y arriver. C’est ce qui s’est passé avec Magatte Wade et Adina, la boite qu’elle avait elle-même créée. Il faut bien faire attention avant de solliciter un investisseur. Steve Jobs a été renvoyé de sa propre boite parce qu’à un moment, il avait sollicité des investisseurs, et leur avait cédé des parts.

Parce qu’ils se disent incapables de financer eux-mêmes la production de leur produit, et garder les 100%, les auteurs confient cette tâche à un éditeur, dont la plupart ne voit que son propre intérêt et non celui de l’auteur. Les éditeurs sont des businessmen, au même titre que les investisseurs. Si quelqu’un doit perdre, vous pouvez être sûr que ce ne sera jamais eux. Or, la véritable raison pour laquelle l’on contacte un éditeur, c’est parce que celui-ci, au-delà de l’investissement financier qu’il fera, a les moyens de nous sortir de l’anonymat, grâce à sa notoriété, et faire connaitre notre produit afin qu’il se vende bien. Mais ce n’est malheureusement pas ce qui se fait. Les éditeurs ne dépensent pas dans le marketing et la communication d’une œuvre d’un auteur que personne ne connait. Ne vous y attendez pas. C’est un risque qu’ils ne sont pas prêts à prendre, à moins que cet auteur soit lauréat d’un concours. Si vous avez de la chance, ils vous mettront sur leur site web, ensuite c’est à vous de faire le gros du travail : la communication. Si vous avez eu droit à une séance de dédicace (chose rare dans nos pays), vous pouvez déjà vous estimer heureux. Pourtant, cela ne vend pas un produit. Si Apple, cette grande boite que tout le monde connait, communique autour de son produit, à combien plus forte raison vous, que personne ne connait ? Pour bien vendre, il faut communiquer. Mais il faut aussi savoir que la communication ne transforme pas un mauvais produit en un bon. Elle permet juste à un bon produit d’être connu du segment de clients auquel il est destiné.
Dites-moi, si les éditeurs ne font pas le travail de marketing et communication pour votre produit, quel est donc l’avantage de travailler avec eux ? Voir son livre publié, me dira-t-on ; mais à quel prix ?

ENTREPRENEURIAT : COMMENT COMBINER TALENT, PASSION ET REUSSITE ?

Je pense pour ma part que c’est aux auteurs et aux entrepreneurs de valoriser leur propre travail. Il n’est pas dit qu’il faut toujours emprunter les mêmes chemins, tout simplement parce que nos prédécesseurs ont agi de la sorte. Il faut être un disrupteur, un innovateur, quelqu’un de créatif, et ce, dans chacune des étapes de la création à la vente de votre produit. Les choses ont évolué ; nous avons aujourd’hui de nouveaux outils à notre portée : il faut les utiliser. Si la culture humaine évolue, c’est précisément grâce à notre aptitude à découvrir de nouvelles manières de faire les choses. PENSEZ DIFFEREMMENT ! Révolutionnez le statu quo. Faites-les choses à votre propre manière, quitte à vous casser parfois la gueule s’il le faut. Mais innovez ! Quel que soit votre domaine, innovez !

Aux Etats-Unis, les auteurs prennent des agents littéraires qui négocient leur contrat et leur font gagner parfois jusqu’à 60% sur leur œuvre, sans que l’éditeur n’ait à se dérober de son rôle qui est d’assurer la communication et le marketing du produit (ici le livre). C’est la raison pour laquelle nous entendons si souvent parler de Best-sellers aux USA, et dernièrement en France, mais pas à ma connaissance en Afrique. Dans ces pays, l’on donne à l’art sa véritable valeur. Pendant ce temps, nous sommes encore à nous demander si l’artiste vit de son art. Vous imaginez un livre africain qui se vendrait à plus de 1 million d’exemplaires en une seule année ? Pourtant la population d’Afrique dépasse le milliard, et nos pays font tout de même plus d’un million d’habitants, ce qui est égale au même nombre de potentiels consommateurs. D’où vient donc le problème ? Je vous laisse y répondre.

Etant un adepte du Think Different de Steve Jobs, il me fallait, au lieu de passer mon temps à critiquer les éditeurs, qui ne font que faire fonctionner leur business après tout (j’ai même vu qu’au Sénégal certains éditeurs demandent aux auteurs de participer financièrement à la conception de leur œuvre) ; il me fallait donc changer la donne, emprunter une nouvelle voie, quitte à me casser la tête s’il le fallait. I’m a risk taker.
La première fois que j’ai parlé de l’auto-édition, l’on m’a dit que si je parvenais à vendre plus de 20 exemplaires, ce serait un miracle, car, aucun jeune auteur africain n’a fait de l’auto-édition et s’en est sorti. L’homme qui m’a dit cela (lui-même un éditeur) a ajouté qu’à sa connaissance, aucun jeune auteur n’a suivi cette voie que je voulais suivre, et que c’était un gros risque que j’encourrais. Alors qu’il croyait me décourager, cela a eu l’effet inverse. Puisque personne ne l’avait encore fait, me suis-je dit, j’allais le faire, et prouver que, bien que les gens ne lisent pas assez en Afrique, il est encore possible d’y vendre des livres. Un sage homme a dit qu’on peut arriver au même résultat sans emprunter les mêmes voies. J’allais donc emprunter la mienne propre.

Je ne pouvais pas contacter les personnalités influentes que je connaissais pour leur demander de participer financièrement à ce projet, d’abord pour les raisons mentionnées plus haut, mais aussi parce qu’un homme, qui est lui-même l’une de ces personnalités influentes, m’a dit un jour ceci : « Les gens peuvent croire en toi, ils peuvent t’encourager, et dire tout le bien possible à ton sujet ; mais lorsque viendra l’heure d’investir de l’argent en toi, tu ne les verras pas, tout simplement parce que personne ne donnent rien pour rien. Si tu veux recevoir, il faut que tu donnes en premier. » J’ai gardé précieusement ce conseil en mémoire, voilà pourquoi, bien que j’aie un réseau assez important, je n’approche pas ces gens pour solliciter leur aide. Ce que j’ai appris de ma propre expérience, c’est que les gens auront confiance en toi pour beaucoup de choses, mais certainement pas pour mettre leur argent en toi, en espérant que tu le fructifieras. C’est pour cette raison que les investisseurs exigent le Business Plan. Ils veulent être sûrs que l’idée est porteuse. Ils n’ont cure de celui qui la porte. Et s’ils voient que l’idée est bonne, mais que son porteur n’a pas les épaules assez larges, soit ils proposent de la racheter, ou, si c’est en Afrique, ils le découragent et, derrière lui, récupèrent son idée. Les gens ne se font pas confiance eux-mêmes, comment voulez-vous qu’ils vous fassent confiance et investissent en vous ?

Mais puisqu’il me fallait des fonds pour m’auto-éditer, et que je ne pouvais les avoir par la voie traditionnelle (emprunt bancaire, investisseurs), j’ai dû faire marcher mes méninges. La plupart des jeunes aspirants entrepreneurs voient le fait que les banques ne prêtent pas comme un frein. Ils accusent ensuite l’Etat de ne pas les soutenir, lequel ne se donne même pas la peine de répondre. Je suis tout à fait d’accord avec ceux qui condamnent l’Etat, car c’est aussi son rôle de soutenir les entrepreneurs afin de créer de la richesse et des emplois. Mais pourquoi ne se limiter qu’à critiquer ? Pourquoi ne pas penser à de nouvelles manières de se faire financer ? Think Different !

Il y a une anecdote intéressante qu’un entrepreneur m’a raconté sur Mark Zuckerberg et la création de Facebook. Après qu’il ait eu (ou volé) l’idée de Facebook, Mark a fait appel à dix de ses amis pour leur demander d’investir dans le projet. La majorité n’a pas répondu. Aujourd’hui, Facebook compte parmi les entreprises les plus riches au monde. Imaginez un peu la tête que doivent faire ceux qui n’avaient pas saisi l’opportunité de participer à l’une des meilleures aventures entrepreneuriale qui soient.

Milton Berle a écrit : « si l’opportunité ne frappe pas à votre porte, construisez-en une. » Pour réaliser mon projet, il me fallait construire ma propre porte. C’est ainsi que j’ai eu l’idée de chercher un partenaire qui investirait une partie dans ce projet. Mais ce partenaire, je ne pouvais le trouver parmi les chefs d’entreprise, qui n’ont qu’un seul mot à la bouche : garantie. Je n’avais pas de garantie, puisque je n’avais encore jamais rien fait de similaire. C’était tout nouveau, même pour moi. Cependant, j’avais foi en mon projet. Cela se voyait à ma manière d’en parler. Je voyais son succès avant même de m’y lancer. Finalement, c’est une amie, une jeune fille de mon âge, qui a accepté de participer financièrement dans ce projet. Elle a investi son salaire. Vous imaginez le degré de confiance ? C’est cela qui m’a permis de sortir le livre Jeunesse & Education qui, à ma grande surprise, s’est vendu avec une facilité déconcertante. En moins d’un mois, il me fallait déjà sortir de nouveaux exemplaires, car les premiers étaient finis. Aujourd’hui encore, je reçois des commandes pour ce livre qui a changé positivement la vie de nombreux jeunes. Vous vous rappelez des 20 exemplaires miraculeux ? C’était désormais de centaines d’exemplaires dont on parlait. C’est cette réussite qui m’a décidé de faire à nouveau de l’auto-édition pour ce nouveau livre.

Avec ce livre, mon objectif est double. Premièrement, comme Jeunesse & Education, je veux qu’il soit utile, en montrant à ceux qui se reconnaitront dans ces différentes histoires qu’ils ne sont pas seuls ; deuxièmement, je veux que ce soit la preuve qu’il est bien possible d’entreprendre en Afrique, dans un domaine qui nous passionne et qui met en jeu notre talent, et réussir, ce, sans avoir à cirer des pompes. Ce livre n’est pas juste un livre : c’est un espoir ; c’est la preuve qu’en osant son talent, en y croyant tout comme en soi, et en travaillant de tout son cœur, on peut réussir.
Afin que je puisse me tenir devant d’autres jeunes et parler d’oser son talent, d’entreprendre, de croire en sa passion, de ne pas voir le manque d’argent comme un frein, il me fallait être moi-même passé par là. La plupart des modèles de réussite que nous avons sont des gens qui ont réussi ailleurs, aux USA pour la plupart. Je veux changer cette donne-là, en réussissant ici ; en réalisant ce que beaucoup croient impossible. C’est aussi pour cette raison que j’ai décidé de reverser 5% des recettes que je ferai à DP Support, un service dérivé de Da Promoter Agency dont le but est de soutenir financièrement ou matériellement les jeunes qui veulent étudier mais qui n’ont pas les moyens de le faire dans de bonnes conditions.

Les étapes par lesquelles je suis passé pour la réalisation de mon livre, sont les étapes par lesquelles sont passés, passent et doivent passer tous les entrepreneurs pour créer leur entreprise, lancer leur produit ou service et réussir. Il n’y a pas de secret : il faut juste penser différemment lorsqu’on est face à un obstacle, et être résilient. Il y a au monde deux types de personnes : ceux qui se plaignent de la mauvaise manière dont les choses sont faites, et ceux qui corrigent la mauvaise manière dont les choses sont faites. Je me considère de la deuxième partie. Et vous ?

Marcus Ibuka Ndjoli
CEO Da Promoter Agency
Author - Coach – Consultant
Social Entrepreneur – Speaker
Twitter : @marcusdawriter - #DaWriter
www.dapromoter.com/marcusdawriter.html

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Debbie Zorddie 01/11/2014 13:38

Cet article est riche et très inspiring...savoir qui il y a en Afrique de jeunes passionnés et travailleurs réjouit quand on entend dire autour de soi que rien de bon ne peut sortir de ce continent !!! Debout a tous ces jeunes que Dieu a Petri de talents pour notre beau continent..Osons notre talent...Merci

lionna ferri 30/10/2014 21:30

Merci pour le conseil Marcus j’essaierai de pallier les deux pour voir le résultat.

lionna ferri 30/10/2014 14:33

je me vois à travers cet article. j'ai un dont mais j'arrivais pas en faite en à faire une profession
j'adore tout ce qui stylisme, peinture et je dessine des modéles depuis toute petite mais j'ai remarqué que depuis que je suis à l'université on dirait que cette passion m'échappe et à chaque fois que je pose des actes menant vers la réalisation de ma passion je rencontre des obstacles et des personnes me disent que je ne suis pas prête. du coup je préfére terminer mes études d'abord et entre temps me ressourcer un plus. quel conseil me donnez vous marcus?

Marcus 30/10/2014 14:51

Bonjour Lionna,

Votre problème est celui de bon nombre de gens qui ne savent pas comment s'en sortir entre leur passion et leurs autres obligations (études, entre autres). Nombreux sont ceux qui choisissent de mettre leur passion de côté pour exercer une profession qui ne les intéresse pas, avec l'intention de s'assurer une sécurité financière. Ce qu'il faut savoir c'est que la passion n'attend pas. Le talent, lorsqu'il n'est pas développé, finit par mourir. Hélas, nos études participent beaucoup à la destruction de nos talents. Le problème lorsqu'on délaisse sa passion pour autre chose, cette autre chose peut être délocalisée dans la decennie suivante, ou vous pouvez tout simplement perdre votre boulot, ou ne pas réussir comme vous l'aurez souhaité dans vos études. Si vous n'avez jamais appris à avoir une pensée créative et à explorer vos véritables aptitudes et potentiels, que ferez-vous alors? Voilà pourquoi il est important de ne jamais lâcher sa passion, parce que même si les choses venaient à changer, vous vous adapterez, car la passion demeurera toujours.

Le conseil que je puis vous donner, c'est de ne pas délaisser votre passion pour les études. Faites les deux ensembles, si vous le pouvez. Il n'est pas dit que vous serez excellente dès le premier jour, vous n'avez pas à l'être d'ailleurs; mais en vous exerçant, c'est vers l'excellence que vous irez. Par ailleurs, il y a toujours un moyen de transformer sa passion en profession. Il suffit juste de le trouver.

Marcus.