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Le Blog de Marcus Da Writer

ELEVES ET ETUDIANTS : L'AVENIR, C'EST AUJOURD'HUI QUE CA SE PREPARE

23 Novembre 2014 , Rédigé par Da Writer Publié dans #De L'Education

ELEVES ET ETUDIANTS : L'AVENIR, C'EST AUJOURD'HUI QUE CA SE PREPARE

Avant de rentrer dans le vif du sujet, j'aimerais partager avec vous un témoignage personnel, afin de vous amener à comprendre la portée de ce message que je tiens à partager avec vous.

Il y a 14 ans de cela, mon père a créé, au Sénégal, une entreprise d'abord appelée Shalom Negoce, puis, Groupe Shalom Sarl. Elle était size à Nord Foire, en face de la cité Keur Damel. Entre diverses activités, l'entreprise avait l'un des premiers et plus grand Cyber-Café de Dakar, avec une centaine d'ordinateurs; l'une des Imprimeries les plus fournies et les plus réputées; l'une des agences immobilières les plus connues; l'un des premiers service Cleaning et Pressing professionnels du pays; et un service d'Import-Export. Ceci n'est qu'une partie des activités de cette entreprise, qui pouvait faire, en une seule semaine, un chiffre d'affaire de 5 millions de francs CFA.

A cette époque, nous vivions dans ce que l'on peut appeler, sans exubérance aucune, le luxe. Des Ministres et hommes d'affaires de divers pays venaient à la maison, qui était une grande villa de trois étages size à Nord Foire Azur, en face du cimetière musulman. Nous n'avions absolument rien à envier aux enfants de présidents ou autres. La première voiture que j'ai conduite était une BMW 750i, et j'avais 12 ans. Je me souviens avoir eu un téléphone Panasonic que mon père avait acheté à 500.000F CFA. Tous les gadgets que je voulais, je pouvais les avoir. Mais cela ne m'avait pas empêché de vendre des pagnes wax pour m'offrir un synthétiseur, ou, quelques années plus tôt, de confectionner des cartes de visite pour avoir de l'argent de poche, en dehors de ce que me donnait mon père. Cela pour dire que l'aisance dans laquelle nous baignions n'avait jamais été une raison pour que je dorme sur mes lauriers. Mais je ne comprenais pas encore l'importance de cette attitude.

En 2004, notre monde a basculé. Un certain Fabrice Reinot, franco-algérien, a escroqué mon père (et d'autres chefs d'entreprises) et s'est enfui avec plus d'une centaine de millions de francs CFA. Ce qui restait dans le compte bancaire de l'entreprise a été emporté par le comptable, qui était pourtant un cousin de ma mère dont mon père avait payé les études universitaires. Dès lors, pour nous, le luxe était fini. Nous avons déménagé dans un appartement au Sacré Cœur 3, où nous avons vécus pendant deux années, avant de déménager à nouveau pour s'installer dans un logement plus modeste.

Je partage avec vous ce témoignage pour dire qu'on peut passer de la lumière à l'obscurité en un rien de temps. Le fait que vos parents soient richissimes n'est jamais une garantie, car l'on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve.


POURQUOI AVOIR UN ESPRIT ENTREPRENEURIAL LORSQU'ON EST JEUNE ?

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé être en activité, avoir quelque chose à faire, ne pas dépendre entièrement de mes parents, apprendre s'il le fallait de nouvelles choses, poser des questions au point d'en agacer plus d'un, bref, être toujours actif. A cette époque, je ne savais pas que cette attitude me serait bénéfique un jour. J'étais juste curieux. C'était ce qui m'avait permis, bien que je n'allais pas à l'école, d'apprendre les rouages de l'informatique. Ce sont justement ces compétences acquises grâce à ma curiosité qui m'ont permis, lorsque notre monde s'est effondré, de me débrouiller pour subvenir à mes propres besoins et à ceux de mes frères et sœurs. J'ignorais alors que c'était cela qu'avoir un esprit entrepreneurial. L'on disait juste que j'étais débrouillard, et je trouvais cela bien.

Avoir très tôt un esprit entrepreneurial permet d'être très tôt autonome. Il ne s'agit pas de dire se rebeller contre ses parents, ou d'aller prendre un appartement pour soi seul, mais d'alléger les charges de ces derniers en apprenant à se dépatouiller. J'ai remarqué que seuls ceux qui ont connu des difficultés dans leur vie ont développé cet esprit de débrouillardise. Les autres, entièrement dépendants de leurs parents, se disent que ceux-ci seront là éternellement, ou du moins que leur argent ne finira jamais. Ainsi, ils ne voient pas la nécessité de faire des choses par eux-mêmes, jusqu'à ce que leur monde, un beau jour, s’effondre. Au Sénégal, j'ai vu des jeunes de plus de 20 ans, demander 500F CFA à leurs parents. Je trouve cela inadmissible, et je pense que les parents qui encouragent cela n'aident pas leurs enfants.

Mon père m'a dit un jour ce proverbe swahili que je n'ai jamais oublié : "lorsque ton père et ta mère sont encore vivants, cherche à connaître le prix de la manioc." C'est lorsque papa et maman sont encore là qu'il faut apprendre à se débrouiller car, si vous faites les choses de travers, ils pourront vous apporter leur aide afin que vous amélioriez votre action. Mais attendre que les choses dégringolent pour décider de se réveiller, c'est prendre un risque énorme. Par où allez-vous commencer? Qu'allez-vous faire concrètement? Comment allez-vous le faire?

J'ai une amie qui a tenté de se donner la mort parce que son père, ayant perdu beaucoup d'argent, a annoncé, à ses sœurs et elle (elle était l’aînée en plus), qu'ils devraient désormais habiter dans un modeste appartement de la banlieue le temps qu'il se refasse une santé financière. Pour cette amie, c'était la fin du monde. Elle ne pouvait pas concevoir devoir quitter sa situation première, son luxe, là où elle était traitée comme une princesse, pour descendre aussi bas. Cette fille ne comprenait pas que la vie est un combat, et qu'il y a des hauts et des bas. C'est d'ailleurs elle qui m'a inspiré le personnage de Marianne dans "L'Histoire de Marianne et Moha".

Pour en revenir au sujet, avoir un esprit entrepreneurial lorsqu'on est jeune nous prépare à la réalité du monde professionnel. L'on ne cesse de se plaindre du fait qu'il n'y ait pas d'emplois pour les étudiants diplômés; l'on ne cesse de donner des chiffres, toujours plus élevés, du nombre de chômeurs qui emplissent nos pays. Même les stages sont difficiles à trouver, à moins d'avoir des "bras-longs", c'est-à-dire des accointances avec les dirigeants de la boîte que l'on veut intégrer. Cela est un fait, je n'en disconviens pas; mais, en tant que jeune, l'on peut bien changer cette donne.

Je crois pour ma part que les étudiants ont aussi une grande responsabilité dans cet état de fait. Pour avoir eu à travailler en tant que RH, je sais un peu le type d'étudiants qui se présente pour avoir un stage ou un boulot. La plupart n'a aucune expérience en dehors de ce qu'elle a appris à l'école ou à l'université. Or, ce n'est jamais sur cette base que l'on est embauché. Ce que l'école ou l'université donne, c'est de la théorie. Ce dont ont besoin les entreprises, c'est de la pratique, du "concree". Il faut qu'on décèle chez vous, demandeur d'emploi ou de stage, un plus que les autres n'ont pas. Et ce plus là, vous ne pouvez l'apporter que si vous avez un esprit entrepreneurial, ou faites preuve d'un leadership certain.

Entreprendre, contrairement à ce que pensent beaucoup de jeunes, n'est pas une question de background scolaire. Je vois la manière dont ces jeunes regardent ceux qui ont entrepris. Ils sont fiers d'eux, mais en même temps, ils les voient comme une espèce à part. Entreprendre est juste une question de volonté. Ce n'est même pas une question d'âge. C'est ce que j'ai répondu un jour à un professeur de Seconde, qui m'avait dit, parlant de ses élèves : "ils sont trop jeunes pour qu'on leur parle d'entreprendre. Ils ne pourront pas comprendre. Il faut qu'ils grandissent encore un peu."

Malheureusement, c'est ce qu'on ne cesse de dire aux jeunes de l'Afrique francophone: ils sont trop jeunes. Sachez que vous n'êtes pas trop jeunes. On n'est jamais trop jeune. Pierre Corneille disait que la valeur n'attend point le nombre d'années. Il faut ajouter à cela que l'avenir, c'est aujourd'hui et maintenant que ça se prépare.

En cela, les africains anglophones nous dament le pion. Très tôt, en Afrique anglophone, l'on voit des jeunes entreprendre; ce qui est un plus pour eux, car ils mettent en pratique tout ce qu'ils ont appris à l'école. Je vous donne pour exemple le cas de Winnifred Selby qui, à 15 ans seulement, a monté une entreprise qui fabrique des vélos à base de bambous.

ELEVES ET ETUDIANTS : L'AVENIR, C'EST AUJOURD'HUI QUE CA SE PREPARE

Des exemples de jeunes autonomes, qui assurent leur avenir en entreprenant, il y en a en grand nombre. Je vous donne ici cinq d'entre eux, afin que vous vous en inspiriez, et vous invite à aller à la quête des autres. Pourquoi?
Lorsque j'étais à l'école, je ne pouvais concevoir qu'un autre élève ou étudiant ait une note supérieure à la mienne. Au lieu de me dire qu'il était sans doute plus doué que moi, je me disais que c'était ma faute, que je n'avais pas assez travaillé, et que je pouvais mieux faire. Par la suite, je redoublais d'efforts et finissais par prendre le dessus. L'on m'a toujours dit que j'ai un esprit de compétition, même si je ne l'avoue jamais.

C'est ce que j'aimerais que ces exemples de jeunes entrepreneurs vous fassent. J'aimerais que vous vous disiez "Mais ils n'ont absolument rien de plus que nous! Leur seul plus est d'avoir pris le risque de commencer, de ne pas avoir attendu papa ou maman, encore mois l'Etat. Nous aussi nous pouvons le faire!" Si vous pensez ainsi, nous aurons fait un très grand pas. Mon souhait serait qu'après lecture de ce billet, que je reçoive des messages de jeunes me disant qu'ils ont une idée d'entreprise, et qu'ils ont besoin d'aide (pas financière) pour la réaliser. J'ai déjà montré, dans un billet intitulé LE BOOTSTRAPPING OU LE DÉMARRAGE SANS FINANCEMENT, qu'il était possible de créer une entreprise sans argent. Si vous voulez plus de lumières sur le comment, je suis disponible à vous l'apporter.


DES EXEMPLES DE JEUNES ENTREPRENEURS AFRICAINS

Je vous offre ici cinq exemples de jeunes entrepreneurs africains que j'ai découverts, et dont je suis fier. J'ai eu l'occasion d'échanger avec certains d'entre eux, et ce serait vraiment génial que de notre côté, nous puissions avoir des exemples à leur retourner. Car, comme le disait un ami, bientôt l'on ne parlera de l'Afrique en pensant essentiellement à celle anglophone. Il ne s'agit pas ici du combat francophones vs anglophones, mais de la réalité, qui est cette paresse que nous avons héritée de nos colonisateurs. Voici donc les jeunes entrepreneurs :

1) Winnifred Selby du Ghana, qui a créé, a 15 ans, Ghana Bamboo Bikes Initiative, une entreprise qui fabrique des vélos à base de Bambous.

Winnifred Selby

Winnifred Selby

2) Sam Kodo du Togo qui, a 17 ans, a créé Infinite Loop, une entreprise qui produit des ordinateurs à faibles coûts pour les étudiants du Togo, lesquels ordinateurs peuvent tenir dans une poche et se brancher sur une télévision. Sam Kodo fabrique aussi des robots, qui aujourd'hui peuvent interagir avec les humains, reconnaître des visages et des objets, parler et jouer au football.

Sam Kodo

Sam Kodo

3) Martha Chumo du Kenya, passionnée d'Informatique qui, après s'être vue refuser le visa pour assister à un Workshop aux Etats-Unis, a créé Nairobi Developer School, une école pour apprendre la programmation. Martha Chumo a obtenu d'excellents résultats scolaires, qui auraient pu lui permettre de suivre des voies comme la Médecine, l’Ingénierie et autres; mais étant une rebelle, elle a choisi la programmation.

Martha Chumo

Martha Chumo

4) Noah Walakira de l'Ouganda qui, a 14 ans, a créé Namirembe Sweater Makers, qui fournit des gilets scolaires à plus d'une quarantaine d'écoles à travers l'Ouganda. L'organisation a permis à plusieurs personnes d'avoir du travail, et compte aujourd'hui 20 membres.

Noah Walakira

Noah Walakira

5) Benedict Mundele de la République Démocratique du Congo (RDC) qui, a 20 ans, a créé Surprise Tropicale, une entreprise qui fournit des jus à base de fruits locaux. L'objectif de Benedict est de promouvoir un mode de vie sain dans sa communauté de Kinshasa.

Benedict Mundele

Benedict Mundele

Voici donc cinq exemples de jeunes entrepreneurs africains qui, à partir de rien, ont démarré leurs entreprises, lesquelles leur permettent non seulement d'aider les autres, mais d'être aussi autonomes. Ces jeunes préparent ainsi leur propre avenir; et il est certain qu'aucun d'eux n'aurait du mal à trouver du boulot s'ils le voulaient. Mais je doute fort que ce soit leurs objectifs.

Il y a selon moi deux sortent de personnes : ceux qui se plaignent, et ceux qui changent les choses. Il faut dès à présent choisir de quel côté vous êtes. Passerez-vous votre vie à vous plaindre du fait qu'il n'y ait pas de boulot, que le pays n'ait pas d'argent, que les bourses ne viennent pas à temps; ou au contraire, allez-vous réfléchir à des solutions qui vous permettront d'assurer votre propre avenir, tout en aidant les autres?

Ce billet n'est qu'un ensemble de mots que vous avez sans doute déjà entendus à maintes reprises; mais j'espère que cette fois, vous ne les recevrez pas de la même façon. Dites-vous que tout ce qui vous freine aujourd'hui, c'est ce à quoi ont dû faire face ces jeunes que je vous ai présentés dans ce billet, et ceux avant eux, et autour de vous, qui se sont lancés. Vous avez le droit d'avoir peur; mais ce qu'il vous faut savoir, c'est que le jeu en vaut vraiment la chandelle.

Marcus Ibuka Ndjoli
CEO Da Promoter Agency
Author - Coach – Consultant
Social Entrepreneur – Speaker
Twitter : @marcusdawriter - #DaWriter
www.marcusdawriter.com

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Fabrice 05/04/2020 00:02

Vraiment édifiant cet article

ndstory.com 05/03/2015 11:16

Every day I visit a number of blog sites to see content, however this offers quality based content.

Marcus 05/03/2015 21:11

Thank you ndstory.com

Niane 06/01/2015 17:16

Oui l'avenir se prepare aujourd'hui. En tant que jeune,nous devons prendre notre vie en main et ne jamais dependre de quelqu'un! Comme l'a dit un grand homme "la volonte est la mere de toutes vertus" c'est-a-dire seule la volonte peut nous permettre d'atteindre nos objectifsl

Marcus 05/03/2015 21:12

Exactement Niane. Merci pour votre commentaire.